Climatisation : le conflit genré autour du thermostat expliqué
Pourquoi hommes et femmes ne sont pas d'accord sur la clim

Des hommes à l’aise en tee-shirt sous les 20 °C pendant que les femmes grelottent à côté. Une nouvelle « trend » sur TikTok et Instagram montre des disputes genrées entre collègues sur le niveau de climatisation à appliquer dans l’open space. Ce différend se retrouve aussi régulièrement à la maison, en voiture, et même sous la douche quand celle-ci est partagée. Pour résumer, les hommes ont toujours plus chaud que les femmes, et inversement.

Des études confirment le cliché

Ce cliché semble se vérifier selon plusieurs études mises en avant par France Info ce jeudi, confirmant une enquête de 20 Minutes réalisée en novembre 2025. L’une des causes est à chercher du côté des hormones. Chez les hommes, la testostérone bloque une protéine de la peau, la TRPM8, qui sert à détecter le froid ambiant. Pour faire simple, les hommes captent moins bien la fraîcheur. Une donnée qui s’étiole avec l’âge, rendant les hommes plus frileux avec le temps.

Des différences physiologiques marquées

Pour les femmes, c’est l’inverse qui se produit. L’œstrogène, hormone bien plus présente, épaissit le sang qui circule moins jusqu’aux extrémités. France Info cite une étude américaine qui montre des différences mesurées de près d’un degré et demi entre les femmes et les hommes. De plus, les femmes disposent d’une masse musculaire moindre, et des muscles qui produisent moins de chaleur et « une couche de graisse qui isole le cœur du corps », laissant les extrémités plus exposées au froid. Une étude de l’université de l’Utah montrait en 1998 que la température des mains était plus basse de 1,6 °C chez les femmes.

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« Le métabolisme des hommes est en moyenne supérieur à celui des femmes. L’homme va donc produire plus de chaleur ; il ne va pas avoir besoin d’en rajouter, en quelque sorte », expliquait Michaël Rochoy, médecin généraliste à 20 Minutes.

Résultat : à température égale dans une pièce, les deux sexes ne vivent pas la même expérience. Selon différentes études, la température idéale se situerait entre 22 et 24 °C pour les garçons, contre 24,5 à 26 °C pour les filles. C’est aussi ce qui se passe sous la douche, où les femmes préfèrent une température qui serait à même de faire avouer n’importe quel crime aux hommes.

Thermostat et patriarcat, le modèle danois

Mais ce problème entre les genres ne se cantonne pas à une question physiologique, elle touche aussi à l’Histoire. Et, disons-le, au patriarcat. En effet, la plupart des climatiseurs dans les lieux partagés sont réglés sur une même base depuis 1960, selon un modèle de confort thermique imaginé par un ingénieur danois, Povl Ole Fanger.

Celui-ci a pris pour échantillon témoin un homme d’une quarantaine d’années d’environ 70 kg, habillé en costume trois-pièces en laine, chemise, cravate et chaussures de ville. On est donc loin du morphotype et de la garde-robe 2026 des femmes (pas plus que celle des hommes, d’ailleurs). Ainsi, ce modèle surestime de 20 à 30 % la chaleur que produit réellement le corps d’une femme, selon une étude néerlandaise citée par France Info.

Comme le rappellent nos confrères, cette situation met en lumière un problème récurrent dans notre société : la plupart des objets et normes sont pensés pour l’homme. Conclusion : La température idéale se situe sans doute à l’équilibre entre les ressenties de chacun, autour de 24 °C.

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