Les deux plages aménagées ont disparu
Stéphanie Carayon exploitait "Le Mosquito Beach" depuis 14 ans. Aujourd'hui, elle doit faire face à une réalité brutale : plus aucune plage aménagée ne subsiste sur la bande côtière de Marseillan. En l'espace de deux saisons, deux paillotes ont disparu. D'abord "Le Cap Horn" en 2025, puis "Le Mosquito Beach" cette année. Les transats et parasols ont laissé place à un sable vide, sans petite restauration ni service.
Une décision de la DDTM en cause
En cause, une décision de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM). L'autorisation d'occupation temporaire (AOT) n'a pas été délivrée. La municipalité, juridiquement liée, ne peut rien faire. Pourtant, les établissements de plages aménagées disparus n'occupaient qu'à peine 1 à 2 % de l'étendue totale de la plage municipale. Une part infime qui semblait essentielle aux yeux des professionnels du tourisme.
Un impact économique et touristique
Ces paillotes, à l'échelle de la commune, offraient une offre touristique cohérente, des emplois saisonniers, de la location de matériel nautique, des transats pour les familles, et une restauration simple et accessible. Un professionnel interrogé sur site s'indigne : "Notre clientèle compare et regarde ailleurs. La commune d'Agde, par exemple, possède une douzaine de plages aménagées, de quoi s'interroger sur le deux poids deux mesures d'une telle décision." Quelques voix, moins nombreuses, estiment que les contraintes environnementales justifient cette situation et que les transats n'ont pas leur place sur le littoral.
L'incompréhension des exploitants
Pour Stéphanie Carayon, qui exploitait cet espace depuis 14 ans, c'est l'incompréhension : "Les plages aménagées sont un atout de l'industrie touristique locale. Sans transats, sans possibilité de louer un paddle ou de déjeuner les pieds dans le sable, c'est une destination qui se vide de sa substance… les vacanciers veulent du service et du confort." L'équilibre est fragile entre protection environnementale légitime et maintien d'une activité économique mesurée. Les services de l'État doivent choisir. Un éventuel reclassement de la zone pourrait permettre la réintroduction de lots de concessions en 2027. Les paillotes auront disparu… le sable, lui, restera désespérément vide.



