Une nouvelle réglementation européenne va impacter les transactions en espèces impliquant des professionnels. À compter du 10 juillet 2027, les paiements en liquide seront plafonnés à 10 000 euros dans toute l'Union européenne. Cette mesure, adoptée dans le cadre du règlement 2024/1624, vise à prévenir l'utilisation du système financier à des fins de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme.
Ce qui change concrètement
À partir de cette date, il ne sera plus possible de régler plus de 10 000 euros en liquide pour l'achat de biens ou de services auprès d'un professionnel. Les transactions entre particuliers restent quant à elles non plafonnées. Le règlement impose également une vérification d'identité du client et du bénéficiaire pour toute transaction en espèces supérieure à 3 000 euros.
Un plafond déjà inférieur en France
En France, la réglementation est déjà plus stricte : depuis 2015, le plafond pour les paiements en espèces entre particuliers et professionnels est fixé à 1 000 euros, contre 3 000 euros auparavant. Cette mesure avait été renforcée pour des raisons de sécurité après les attentats. Des exceptions existent pour les paiements entre particuliers, les personnes non bancarisées et les touristes non-résidents, qui bénéficient d'un plafond de 10 000 euros.
La nouvelle règle européenne permet aux États membres de conserver des seuils plus bas. La France n'est donc pas obligée de relever son plafond. Avant cette harmonisation, les limites variaient fortement en Europe, offrant aux réseaux criminels des opportunités de blanchiment.
Une nouvelle autorité de contrôle
Pour renforcer les contrôles, une Autorité de lutte contre le blanchiment de capitaux (ALBC), basée à Francfort, a été mise en place en 2025. Elle compte aujourd'hui plus de 400 agents et supervise les entités financières à risque, coordonne les autorités nationales et dispose de pouvoirs contraignants pour prévenir le blanchiment et le financement du terrorisme.



