L'UFC Que Choisir alerte sur une hausse de 4 à 5% des prix en supermarché
Hausse de 4-5% des prix en supermarché selon UFC Que Choisir

L'UFC Que Choisir anticipe une hausse significative des prix en supermarché

L'association de consommateurs UFC Que Choisir lance une alerte sérieuse concernant l'évolution des prix dans les rayons des grandes surfaces. Selon son directeur de l'Observatoire de la consommation, Grégory Caret, une augmentation de 4 à 5% est à prévoir dans les mois à venir, directement liée au conflit au Moyen-Orient, et plus particulièrement à la guerre en Iran.

Un impact progressif mais inévitable

Interrogé sur RMC, Grégory Caret a précisé que cette hausse serait probablement « lissée sur plusieurs mois », mais n'en resterait pas moins significative pour le budget des ménages français. Bien que les industriels et la grande distribution aient signé un accord au 1er mars fixant les prix pour l'année, des clauses de révision obligatoires permettent d'ajuster les tarifs en cas de fluctuations importantes des coûts de production.

« Si le prix de l'énergie et des engrais flambe, on doit rouvrir les négociations et ça doit être répercuté dans les prix », a expliqué le directeur de l'Observatoire. Cette mécanique contractuelle rend presque inévitable la transmission des surcoûts liés au conflit international vers les consommateurs finaux.

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Les produits frais en première ligne

À court terme, les premières victimes de cette inflation annoncée seront les produits à rotation rapide, c'est-à-dire ceux dont les dates de péremption sont les plus courtes. Grégory Caret cite notamment :

  • Les produits laitiers
  • Les produits frais
  • Les yaourts

Cette prévision se trouve déjà confirmée par les annonces du géant laitier français Lactalis, propriétaire des marques Président, Lactel et Galbani. L'entreprise a indiqué jeudi dernier qu'elle serait contrainte de « répercuter » l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur ses prix de vente aux consommateurs, tout en cherchant à le « minimiser en fonction des catégories » de produits.

Une contagion progressive à d'autres rayons

Après les produits alimentaires périssables, l'inflation devrait toucher progressivement d'autres secteurs. M. Caret précise : « Tout ce qui est aussi hygiène, beauté, parce qu'il y a beaucoup d'hydrocarbures dans ces produits, des emballages, et même dans la fabrication de ces produits. » La dépendance de ces articles aux matières premières dont les prix fluctuent avec les tensions géopolitiques les rend particulièrement vulnérables.

Une situation moins dramatique qu'en 2022-2023

Malgré ces prévisions inquiétantes, le directeur de l'Observatoire de la consommation tempère le discours en rappelant que la hausse « ne sera pas du même ordre de grandeur » que celle connue suite à la guerre en Ukraine en 2022-2023. À cette époque, les prix avaient augmenté de 20 à 25% en un peu plus d'un an, un choc inflationniste sans précédent récent.

L'impact sur le carburant et les arbitrages des ménages

Concernant spécifiquement le carburant, dont les prix ont connu une flambée spectaculaire depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février, Grégory Caret note une modération récente suite à l'annonce d'un cessez-le-feu et de la réouverture du détroit d'Ormuz. Cependant, il prévient que les Français devront probablement faire « des arbitrages » dans leurs dépenses.

Les consommateurs pourraient être contraints de « renoncer à consommer pour privilégier l'essentiel : le transport, l'énergie de chauffage, l'alimentaire ». Cette réorganisation des priorités budgétaires illustre l'impact concret des tensions internationales sur le quotidien des ménages français, bien au-delà des simples chiffres de l'inflation.

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