La Fête des producteurs à Saint-Raphaël a mis en lumière des producteurs varois aux parcours familiaux remarquables. Parmi eux, trois familles se distinguent par la qualité de leurs produits et leur histoire. Voici leurs coups de cœur.
La famille Dioulofet : huile d'olive et miel
Guy Dioulofet, 80 ans, ancien agent des services techniques de Puget-sur-Argens, a repris l'exploitation familiale du Domaine du Gabre, fondée en 1918. À ses côtés, son fils Didier et sa belle-fille Sophie. Et probablement Luca, 18 ans, jeune talent du club de football Étoile de Fréjus-Saint-Raphaël. Leur activité principale ? Les 1 200 oliviers qui ont remplacé les vignes vieillissantes depuis 2001, avec l'acquisition d'un moulin à huile. Les bonnes années, 1 000 litres d'AOP sont embouteillés. En 2025, la production a été réduite de moitié à cause de fortes pluies ayant fait tomber les fleurs. La prochaine récolte s'annonce prometteuse.
La famille possède également une dizaine de ruches produisant environ 100 kg de miel toutes fleurs par an, bénéficiant du vent pour la pollinisation. « La seule vraie menace ? Ce sont les frelons asiatiques qu'on est obligé de capturer », explique Guy Dioulofet, qui a baigné dans le miel depuis son plus jeune âge.
La famille Navarro : navettes et amarettos provençaux
« Mettez-moi 100 grammes de navettes aux fleurs d'orangers, s'il vous plaît ! » Derrière son comptoir, Ange, 19 ans, enchaîne les commandes. Il est le fils d'Eric Navarro, ancien boulanger-pâtissier spécialisé dans les navettes et amarettos provençaux. Également présent, Geoffray, le beau-fils, fait partie des six membres de la famille impliqués dans cette société basée à Ollioules, sur douze salariés. « Le passage de relais est en train de se faire », assure cet ancien kinésithérapeute, chargé de l'aspect commercial.
Chaque année, ils fabriquent entre 70 et 80 tonnes de marchandises, dont 70 % destinées aux salons. Pour la Fête des producteurs, ils ont prévu 200 kg. On y trouve des navettes classiques à l'amande, à l'anis, au citron ou aux coquelicots. Nouveauté : après des amarettos au melon, ils proposent désormais des amarettos à la violette, en plus de ceux à la figue de Solliès-Pont. Une gamme salée est aussi disponible, avec des recettes inventées et une forme revisitée pour être « moins cassante ». Leur astuce ? « Au lieu de l'huile, on met du beurre », confie Geoffray.
La famille Valot : liqueurs au mimosa
« Vous voulez goûter ? » Mathis, filleul du liquoriste Franck Valot, ancien pâtissier ayant travaillé avec des chefs étoilés, propose ses liqueurs à base de rhum. Avec lui, Elisa, sa belle-sœur, et son mari Jean-François pour la partie commerciale, aidés de Christelle pour la communication. Ainsi que César, son fils, en apprentissage.
Parmi leurs produits stars de cette entreprise basée à Villecroze : une liqueur au mimosa au rhum de Guadeloupe, à servir façon spritz provençal. Également à la vente, une gelée de mojito, utilisée comme condiment pour assaisonner les plats. « Comme c'est cuit, on a le goût, mais pas l'ivresse », assure Mathis. Un succès : entre 2024 et 2025, leur chiffre d'affaires est passé de 300 000 à 450 000 euros.



