Pour la deuxième année consécutive, la municipalité de Frontignan interdit aux particuliers l'usage des jet-skis et des scooters des mers dans l'enceinte du port et sur la cale de mise à l'eau, du 1er juillet au 31 août 2026. La mesure, reconduite par arrêté municipal, vise à lutter contre les accidents, les incivilités et la pollution.
Un mouvement qui gagne le littoral français
Frontignan s'inscrit dans un mouvement qui gagne du terrain sur le littoral français. Arcachon et Cap Ferret avaient ouvert la voie en 2024 sur la côte atlantique, rejoints la même année par Argelès-sur-Mer en Méditerranée, puis par Palavas-les-Flots en 2025. Partout, le constat est identique : multiplication des engins nautiques motorisés (VNM), pollution, manœuvres de plaisance rendues plus périlleuses, comportements à risque des utilisateurs – vitesse excessive, musique à plein volume – et accidents parfois mortels.
Un cadre réglementaire strict
Sur le plan national, les véhicules nautiques à moteur sont soumis à une réglementation stricte : navigation de jour uniquement, limitée à 2 milles d'un abri pour un jet-ski monoplace et 6 milles pour les modèles pouvant embarquer deux personnes, équipements obligatoires, à moins de 300 mètres du bord vitesse limitée généralement à 5 nœuds, et permis spécifique dès 16 ans.
Un afflux critique à Frontignan
Dans la cité muscatière, la situation avait atteint un point critique. La fermeture des cales de mise à l'eau des ports voisins, entre la Grande-Motte et Frontignan, avait provoqué l'afflux d'une cinquantaine de ces engins sur la seule cale de mise à l'eau du port de plaisance. "Les conflits avec les plaisanciers s'étaient accrus", rappelle Jean-Louis Molto, adjoint au maire de Frontignan, délégué au port de plaisance, aux espaces balnéaires et littoraux. Peu expérimentés pour beaucoup, ces usagers devaient traverser l'intégralité du port pour atteindre la cale, au bout de la darse, multipliant petites collisions et incivilités.
Une exception pour les professionnels
Pour éviter la congestion de l'enceinte du port, liée à la circulation maritime estivale, professionnelle et de plaisance, et assurer la sécurité des usagers, la municipalité dégaine donc un nouvel arrêté d'interdiction. Seule exception, l'unique loueur installé sur le site, dont les engins sont pilotés par des moniteurs diplômés et qui circulent à vitesse réglementaire.
Un manque à gagner atténué
La décision a pourtant un coût : la cale, facturée à 10,50 euros l'accès, est désormais fermée aux particuliers, ce qui représente un manque à gagner pour le port, finalement atténué par le retour de plaisanciers ayant des petits bateaux pour la pêche. "On a reçu pas mal d'appels de propriétaires de VNM mécontents, mais on a fait la joie des plaisanciers et des plagistes. Les petites collisions et altercations quotidiennes ont disparu en 2025", résume l'élu.
Une tendance lourde
Au-delà du cas frontignanais, cette tendance dessine un changement dans la gestion du littoral. Face aux pressions estivales, de plus en plus de communes semblent prêtes à privilégier sécurité et qualité d'usage sur la fréquentation tous azimuts.



