Une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) montre l’explosion, depuis 25 ans, des coûts à la charge des collectivités départementales dans le domaine social. Les départements de la région n’y échappent pas.
Une hausse continue des dépenses
Selon les dernières données consolidées sur les dépenses d’aide sociale des départements en 2024, publiées par la Drees, on observe une hausse de 4,5 % sur un an en France. En 2024, l’ensemble des collectivités ont ainsi engagé 47,8 milliards d’euros. Cette évolution découle, comme en 2023, d’une forte hausse des dépenses brutes d’aide sociale à l’enfance (+ 6,7 %) et aux personnes handicapées (+ 6,2 %), d’une hausse légèrement plus faible de celles dédiées aux personnes âgées (19 % des dépenses d’aide sociale) et d’une progression plus modérée de celles liées au RSA (+ 1,3 %), explique la Drees.
Depuis 1999, les dépenses explosent
Depuis 25 ans, depuis 1999, les dépenses ont explosé. En France, on est passé de 12 milliards à 44 milliards d’euros. Sur les 13 départements d’Occitanie, le volume total des dépenses a été multiplié par 4,5. Par département, c’est dans l’Hérault, où la population est la plus importante, que la dépense est la plus élevée, avec un peu plus d’un milliard d’euros en 2024, contre 187,6 millions un quart de siècle plus tôt.
Le RSA augmente fortement, avait récemment confié Kléber Mesquida, président du conseil départemental de l’Hérault. C’est mécanique : croissance démographique, vieillissement, précarité… Fragilisés, les budgets des départements le sont assurément, notamment depuis que l’État, contraint de faire des économies, a réduit ses subventions et donné plus de compétences aux collectivités. Dans l’Hérault, les sommes dédiées au volet social du budget 2026 ont augmenté de 70 millions d’euros, sur un total de 1,82 milliard. En 2026, le social coûtera à la collectivité plus de 500 millions : avec 308,8 millions d’euros pour l’insertion (dont le RSA), 490 millions pour les seniors et les personnes en situation de handicap et 257 millions pour la famille et l’enfance.
Des contraintes budgétaires dans l’Aude
Dans l’Aude, où le Département a voté un budget 2026 de près de 650 millions d’euros, Hélène Sandragné, sa présidente, reconnaît des contraintes budgétaires. Les besoins sociaux et territoriaux sont grandissants, ajoute-t-elle, insistant sur les solidarités humaines et solidarités territoriales. En 25 ans, selon la Drees, les dépenses en faveur de l’action sociale du Département sont passées de 77,2 millions d’euros à 367,5 millions. Plus de 15 200 foyers bénéficient d’un revenu de solidarité active (RSA). Disposer d’un toit, c’est la dignité humaine de chacun, insiste Denis Janaud, directeur général d’Habitat audois, l’Office public de l’habitat de l’Aude, premier bailleur social du département avec plus de 14 000 personnes logées. Signe du niveau de précarité sur le département, nous sommes passés de 8 000 à 12 000 demandes de logements sociaux en 5 ans. Des logements dont les niveaux de prix sont entre 25 % et 30 % inférieurs au secteur privé.
Les demandes contradictoires de l’État dans le Gard
Lors de la présentation du budget 2026, Françoise Laurent-Perrigot, président du conseil départemental du Gard, n’avait pas caché que la situation est compliquée, reconnaissant que notre situation financière s’est dégradée en 2023 et 2024. Elle pointait alors du doigt les décisions de l’État et toutes les demandes contradictoires de l’État, avec une hausse des dépenses sociales imposées, sans compensation équivalente, mais également une chute des recettes de droits de mutation, issue des transactions immobilières dans un secteur en crise. Selon l’étude de la Drees, les dépenses sociales nettes du Département du Gard sont passées de 150 millions d’euros en 1999 à plus de 600 millions en 2024. Les dépenses sont incontournables pour la présidente, qui rappelle que malgré le niveau d’endettement de la collectivité, quand on protège l’enfance, quand on défend nos aînés, quand on accompagne les personnes en situation de handicap, ce sont les fondements mêmes du Département que l’on soutient.
Le RSA, un poids financier majeur
Dans les multiples engagements financiers dans le domaine social, le RSA reste un poids non négligeable. C’est un poids financier auquel est désormais exonéré le Département des Pyrénées-Orientales, l’un de ceux où le nombre de bénéficiaires est le plus élevé de France. Depuis 2022, c’est l’État qui prend en charge son financement. Un tiers des Français éligibles au RSA ne le perçoivent pas : comment savoir si vous faites partie des bénéficiaires potentiels ? APL, RSA, prime d’activité… Vos aides Caf seront versées en retard pour ce mois d’avril, on vous explique pourquoi.



