Demi-poulet à 40 dollars à New York : le débat sur le coût de la vie enflamme Brooklyn
Demi-poulet à 40 dollars : le débat sur le coût de la vie

Le restaurant Gigi's, ouvert récemment dans le quartier branché de Brooklyn à New York, se retrouve au cœur d'une vive polémique après avoir fixé le prix d'un demi-poulet rôti à 40 dollars (environ 34 euros). Ce tarif, jugé exorbitant par de nombreux clients, a relancé le débat sur le coût de la vie dans l'une des villes les plus chères des États-Unis.

Un prix justifié par des coûts élevés

Le chef français Hugo Hivernat, propriétaire du Gigi's, défend sa politique tarifaire. Sur les 40 dollars, un quart est consacré aux ingrédients, notamment un poulet issu de circuits courts. Le reste sert à couvrir le loyer, les factures, les salaires et autres dépenses, sans oublier le remboursement du demi-million de dollars emprunté pour ouvrir le restaurant. « Nous sommes à la merci de la crise du pouvoir d'achat », affirme-t-il, rejetant l'idée que les restaurateurs s'enrichissent.

Un élu local enflamme les réseaux sociaux

La polémique a pris de l'ampleur après qu'un élu local a partagé son indignation sur Instagram, récoltant plus de 9 000 « j'aime ». Un « indice des prix du demi-poulet » a même été créé, allant de 10 dollars pour le moins cher à 78 dollars dans un restaurant français huppé de Manhattan. Selon Andrew Rigie de la New York City Hospitality Alliance, « de nombreux restaurants ne font même pas de bénéfices, ils arrivent tout juste à joindre les deux bouts ». Il pointe du doigt la hausse des assurances, la lente reprise post-Covid et l'augmentation des prix alimentaires due aux droits de douane de Donald Trump.

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Des restaurateurs sous pression

Une enquête menée auprès de plus de 200 restaurants new-yorkais révèle que 46 % d'entre eux ont enregistré un chiffre d'affaires inférieur aux prévisions fin 2025. Leurs principales inquiétudes concernent les coûts de main-d'œuvre, le prix des biens et services et le manque de clients. Thomas Knodell, chef au Gigi's, reconnaît que le prix est élevé mais estime que c'est la réalité : « Je comprends, c'est cher. Nous sommes d'accord, mais c'est la réalité dans laquelle on se trouve, malheureusement. » Il appelle à des réformes, comme un plafonnement des prix des grossistes alimentaires.

Le débat illustre les difficultés du secteur de la restauration à New York, où les prix des menus ont augmenté de 43,6 % en dix ans avant 2023, contre 42,8 % au niveau national. Pour Hugo Hivernat, « les gens se font une idée très précise du prix que devraient coûter les choses dans la restauration, mais ils n'ont aucune idée du coût réel ».

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