La ville de Carpentras, récemment passée sous administration du Rassemblement National (RN), a annoncé la suppression des subventions destinées au Planning familial. Cette décision, prise lors du conseil municipal du 5 juin, a suscité une vive polémique parmi les associations et les partis de gauche.
Une décision politique assumée
Le maire RN, Serge Andrieu, a justifié cette mesure en affirmant que le Planning familial ne correspondait pas aux valeurs de la majorité municipale. « Nous ne pouvons pas financer des associations qui promeuvent des idéologies contraires à notre vision de la famille et de la société », a-t-il déclaré. La subvention annuelle, qui s'élevait à 15 000 euros, représentait une part importante du budget local de l'association.
Les réactions indignées
La décision a immédiatement été condamnée par plusieurs organisations féministes, dont le Collectif nationale pour les droits des femmes. « C'est une attaque directe contre le droit des femmes à disposer de leur corps », a réagi sa porte-parole, Marie Dupont. Les élus d'opposition, notamment les socialistes et les écologistes, ont dénoncé une « dérive autoritaire » et une « instrumentalisation de la politique locale à des fins idéologiques ».
Un précédent inquiétant
Cette suppression s'inscrit dans une série de mesures similaires prises par des municipalités RN à travers la France. À Perpignan, Béziers ou encore Orange, les subventions aux associations LGBTQ+ et aux structures d'éducation sexuelle ont été réduites ou supprimées. Pour les défenseurs des droits, cette tendance menace les avancées en matière d'égalité et de santé publique.
Le Planning familial menacé
Le Planning familial de Carpentras, qui assure des missions d'information sur la contraception, l'avortement et la prévention des IST, pourrait voir ses activités réduites. « Sans cette subvention, nous allons devoir réduire nos horaires d'ouverture et nos permanences dans les quartiers », a expliqué la directrice locale, Sophie Martin. L'association lance un appel aux dons et espère un soutien des collectivités territoriales.
La décision de la mairie de Carpentras relance le débat sur la place des associations dans les politiques locales et sur les limites de l'autonomie municipale en matière de subventions. Alors que les élections législatives approchent, ce dossier pourrait devenir un symbole des tensions entre l'État et les collectivités dirigées par l'extrême droite.



