La canicule qui a frappé la France fin juin a eu un impact considérable sur le secteur de l'hôtellerie-restauration. Selon une enquête menée par la Fédération de l'hôtellerie et de la restauration (FHR) auprès de ses adhérents, 91% des établissements ont ressenti des effets négatifs de la vague de chaleur. Les principales conséquences sont une baisse de la fréquentation et une augmentation des dépenses.
Baisse de fréquentation et hausse des coûts
L'enquête, réalisée du 27 au 29 juin 2023, révèle que 72% des répondants ont constaté une diminution du nombre de clients. Cette baisse est particulièrement marquée dans les zones urbaines et les régions touristiques. Par ailleurs, 68% des professionnels ont dû faire face à des dépenses supplémentaires, notamment pour la climatisation, l'achat de ventilateurs ou encore l'approvisionnement en eau et en glace.
« La canicule a accentué les difficultés déjà rencontrées par le secteur, comme la hausse des prix de l'énergie et des matières premières », explique Hervé Becam, président de la FHR. « Les professionnels doivent s'adapter, mais cela a un coût qu'ils ne peuvent pas toujours répercuter sur leurs tarifs. »
Des disparités régionales
Les conséquences de la canicule varient selon les régions. Dans le sud de la France, où les températures ont dépassé les 40°C, 95% des établissements ont été affectés. En revanche, dans le nord, ce chiffre tombe à 85%. Les établissements situés en bord de mer ou en montagne ont mieux résisté, attirant une clientèle en quête de fraîcheur.
Les restaurants avec terrasse ont également souffert : 60% d'entre eux ont dû réduire leur capacité d'accueil en raison de la chaleur. Certains ont même fermé temporairement en journée pour rouvrir le soir. « Nous avons dû investir dans des brumisateurs et des parasols, mais cela n'a pas suffi à maintenir une activité normale », témoigne un restaurateur marseillais.
Des mesures d'urgence demandées
Face à cette situation, la FHR réclame des mesures de soutien de la part des pouvoirs publics. Parmi les demandes : une aide pour l'achat de matériel de climatisation, un allongement des délais de paiement des charges sociales et fiscales, ainsi qu'une prise en compte des pertes d'exploitation dans le cadre du régime des catastrophes naturelles.
« Le secteur a déjà été durement touché par la crise sanitaire et l'inflation. La canicule vient s'ajouter à ces difficultés », insiste Hervé Becam. « Nous avons besoin d'un accompagnement pour traverser cette période et nous préparer aux prochains épisodes de chaleur. »
Un phénomène amené à se répéter
Avec le réchauffement climatique, les canicules devraient devenir plus fréquentes et plus intenses. Les professionnels de l'hôtellerie-restauration doivent donc s'adapter structurellement. Certains envisagent d'investir dans des systèmes de climatisation plus performants, de modifier leurs horaires d'ouverture ou encore de diversifier leur offre pour attirer une clientèle locale en journée.
« Il faut repenser nos modèles économiques pour faire face à ces nouvelles contraintes climatiques », conclut le président de la FHR. « Cela nécessite des investissements, mais aussi une évolution des comportements des consommateurs. »



