Polémique autour du banquet d'anniversaire de l'AOC Pécharmant
Banquet AOC Pécharmant : la gauche s'oppose au Canon français

Le conseil de la Communauté d'agglomération bergeracoise (CAB) a débattu lundi 18 mai du banquet d'anniversaire de l'AOC Pécharmant, prévu en octobre et organisé par le Canon français. Ce sujet sensible a occupé près d'une heure de discussions, avec une dizaine d'interventions, en présence de membres de la Coordination Rurale et du député RN Serge Muller, qui soutiennent l'événement.

Une opposition politique marquée

Plusieurs élus de gauche ont exprimé leur désaccord. Philippe Mallard, élu bergeracois, a dénoncé une "stratégie idéologique" du Canon français, accusé de véhiculer un discours identitaire et haineux. Julie Tejerizo a souligné que d'autres événements ne comportent pas de saluts nazis. Julien Chouet, communiste, a jugé "inconcevable" de recourir à un prestataire controversé, pointant des "débordements documentés" à caractère raciste, homophobe et sexiste.

Position de la majorité et du président

Le président de la CAB, Frédéric Delmarès, a annoncé que l'événement ne serait pas interdit cette fois, mais qu'il n'y en aura pas de second. Le maire socialiste de Bergerac, Fabien Ruet, a estimé que le nationalisme prôné par le Canon français est porteur d'exclusion, tout en reconnaissant ne pas avoir le pouvoir d'interdire le banquet.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Seule la maire de Queyssac, Gaëlle Eyragne, a défendu l'événement, appelant à ne pas réduire un rassemblement festif à quelques images sorties de leur contexte.

L'AOC Pécharmant maintient sa collaboration

Le vigneron Anthony Castaing a rappelé que la polémique n'existait pas au moment où l'appellation a sollicité le Canon français, et que les viticulteurs n'avaient aucune intention politique. Malgré les regrets exprimés par Delmarès et Ruet, l'AOC a souhaité maintenir l'événement, empêchant un front commun pour l'annulation.

Raisons juridiques et administratives

Frédéric Delmarès a expliqué que l'annulation n'était pas possible sans risque avéré de trouble à l'ordre public, motif seul légal pour interdire. Il a également souligné que la CAB risquerait une condamnation au tribunal administratif, avec des dommages-intérêts pouvant atteindre 50 000 euros, en raison du contrat signé avec le Canon français.

Vers un contre-banquet républicain ?

Plusieurs élus ont évoqué l'organisation d'un événement alternatif, "vraiment populaire" et "inclusif", avec des viticulteurs de Pécharmant. Julien Chouet et Catherine Taveau (écologiste) ont plaidé pour une fête républicaine sans exclusion, espérant que le banquet du Canon français n'ait pas lieu à Bergerac. Les débats complets sont disponibles sur les pages YouTube et Facebook de la CAB.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale