1er mai : artisans et commerçants entre flou juridique et attentes économiques
1er mai : artisans et commerçants entre flou et économie

Ce 1er mai, de nombreux artisans et commerçants ont ouvert leurs boutiques à Nice, malgré un contexte juridique flou et des polémiques récurrentes. Bouchers, fleuristes ou boulangers, ils expliquent leur choix de travailler en ce jour férié, entre contraintes économiques et attentes des clients.

Un jour de travail pour certains, une tradition pour d'autres

Carine, fleuriste rue Dante, considère le 1er mai comme le travail de toute une filière française de producteurs de muguet. Frédéric Roy, boulanger rue de France, enchaîne les services avec un orgue de Barbarie pour donner un air de fête. Sa boutique a été dévalisée dès 11h30. Avec son épouse et deux employés, il assure le service client. « Sans mes deux employés aujourd'hui, on n'aurait pas pu satisfaire le client », explique-t-il, satisfait de la dérogation maintenue cette année.

Polémiques autour du 1er mai

Historiquement jour chômé et payé en France, le 1er mai est au cœur de débats. Une proposition de loi en 2026 vise à élargir les dérogations pour certains secteurs, avec des salariés volontaires payés double. Mais des voix dénoncent une remise en cause d'un acquis social. L'an dernier, la suppression de la dérogation pour les boulangers et fleuristes avait provoqué des inspections surprises. Cette année, elle est assouplie pour certains commerces de bouche. Un boucher du Mont Boron a préféré fermer : « 750 euros d'amende par salarié, on ne va pas s'y risquer. »

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Témoignages d'artisans

Thomas Musso, boulanger à Borriglione, a travaillé seul avec son beau-frère l'an dernier. « Travailler sans employé, c'est chaud », dit-il. Cette année, six personnes l'épaulent. Valérie, fromagère au Carré d'Or, ouvre seule sans crainte : « Avec tous ces projets de lois, on ne sait plus sur quel pied danser. » Elle vient depuis douze ans, en demi-journée. Carine, fleuriste depuis 30 ans, travaille avec Marie : « On a toujours ouvert à cette date. Cette année, incertitude malgré le muguet commandé il y a deux mois. »

Volontariat et pressions invisibles

Marie, employée fleuriste, souligne : « Dans une petite structure, avec le patron, il faut bien s'entendre. Difficile de dire non dans les grandes structures ou en période d'essai. » Frédéric, fleuriste à Borriglione, a beaucoup discuté avec ses employés : « Tout le monde n'a pas les mêmes envies. » Nicole Bravi, du syndicat des artisans fleuristes, ajoute : « Le muguet est une fleur 100 % française. Interdire l'ouverture mettrait toute la filière en péril. »

Un bonus bienvenu

Gilbert, à la Libé, dépose un poulet rôti : « On est peu à dire non à un bonus, vu le coût de la vie. » Giovanni, boucher à Cessole, discute avec un client : « Boucler ses fins de mois est difficile avec l'augmentation de l'essence. » Il ajoute : « Il faut bien que les gens mangent, même le 1er mai. »

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