Le prix du lait repart à la baisse, les éleveurs s'inquiètent
Après deux années de relative accalmie, le prix du lait payé aux producteurs est reparti à la baisse ces derniers mois. Selon les données publiées par l'Institut de l'élevage, le prix moyen du lait standard est passé sous la barre des 400 euros pour 1 000 litres en mars 2026, soit une baisse de près de 10 % par rapport à son pic de l'été 2025. Cette chute brutale plonge les éleveurs laitiers dans une nouvelle période d'incertitude, alors que leurs coûts de production restent élevés.
Un retournement de marché brutal
Après deux années de prix élevés, qui avaient permis aux éleveurs de reconstituer leurs marges, le marché mondial du lait a connu un retournement de tendance. La demande chinoise, moteur de la croissance des exportations européennes, a ralenti, tandis que la production australienne et néo-zélandaise a augmenté. Parallèlement, la consommation européenne de produits laitiers stagne, voire recule pour certains segments comme le beurre ou la poudre de lait. Résultat : les cours mondiaux ont chuté, entraînant dans leur sillage les prix payés aux producteurs français.
Des négociations commerciales tendues
Cette baisse intervient dans un contexte de négociations commerciales annuelles entre les producteurs et les transformateurs, puis entre ces derniers et la grande distribution. Les éleveurs, qui avaient obtenu des hausses de prix en 2024 et 2025, craignent de voir leurs efforts anéantis. « Nous risquons de perdre en quelques mois tout ce que nous avons gagné », s'alarme un producteur breton. Les organisations syndicales agricoles, comme la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait), appellent à une mobilisation pour obtenir des prix minimums garantis.
Des coûts de production toujours élevés
Si le prix du lait baisse, les charges des éleveurs, elles, ne diminuent pas. Le coût de l'alimentation animale, de l'énergie et des engrais reste élevé, malgré une légère détente sur les céréales. La marge des producteurs se réduit comme peau de chagrin. « Aujourd'hui, on travaille à perte », déplore un éleveur du Calvados. Selon les calculs de l'Institut de l'élevage, le prix de revient du lait s'établit actuellement autour de 420 euros pour 1 000 litres, soit un niveau supérieur au prix de vente.
Des perspectives sombres pour la filière
Cette nouvelle crise intervient alors que la filière laitière française est confrontée à des défis structurels : vieillissement des exploitants, difficultés de renouvellement des générations, exigences environnementales croissantes. La baisse des prix pourrait accélérer les cessations d'activité et la concentration des élevages. « On risque de perdre encore des producteurs, et avec eux, la diversité de nos territoires », s'inquiète un responsable de la FNPL. Les appels à une régulation du marché se multiplient, mais les solutions peinent à émerger.



