Menton : la Maison de la presse ferme après 70 ans d'histoire familiale
Le rideau tombe sur une adresse emblématique de Menton. Après près de 70 ans d'activité, la Maison de la presse située sur l'avenue de Verdun, tenue par Thierry Galea, a définitivement fermé ses portes. Cette fermeture marque la fin d'une page pour ce commerce familial, profondément ancré dans le quartier depuis plusieurs générations. Le gérant a organisé un pot de départ samedi dernier pour saluer une dernière fois ses clients, très attachés à ce lieu de proximité.
Un héritage familial qui s'éteint
Thierry Galea, entouré de sa famille lors de l'événement, a retracé l'histoire de cette affaire familiale. « Le 2 février 1956, mon grand-père a acheté cette activité. Elle se trouvait au 37, avenue Félix Faure, puis au 17, avant d'arriver ici en 1975. Aujourd'hui, on peut dire que nous sommes à la troisième génération. J'ai travaillé avec mes deux sœurs depuis les années 1980 », explique-t-il. Un métier qui a traversé le temps, évoluant avec les années tout en restant fidèle à ses fondamentaux : livres, papeterie et presse.
Les raisons d'une fermeture inévitable
La décision de fermer n'a rien d'anodin. « C'est essentiellement pour la retraite et malheureusement, nous n'avons pas trouvé de personne pour reprendre l'activité. Nous faisons partie de l'ancienne génération, et cela se voit aussi dans les conditions de travail. Aujourd'hui, reprendre un commerce avec une telle amplitude d'ouverture, en nombre de jours et en horaires quotidiens, c'est plus difficile pour les jeunes », confie Thierry Galea. Il exprime à la fois une satisfaction du travail accompli et un pincement au cœur de ne pas avoir pu transmettre cet outil, qui nécessiterait une modernisation, notamment en communication et réseaux sociaux.
Des souvenirs empreints d'émotion
En quarante ans de carrière, les souvenirs abondent, mais certains moments restent gravés. « Quand on reçoit un auteur de littérature jeunesse au magasin, et que les enseignants viennent avec leurs classes pour leur faire découvrir le travail d'un auteur, c'est très gratifiant. Mais le plus gratifiant, c'est après : quand on voit ces mêmes enfants revenir avec leurs parents, leur dire “j'ai vu ça, j'ai découvert ça”. Honnêtement, c'est la plus belle image que je retiens de ma carrière », partage-t-il. Ce lien fort avec les clients a été au cœur de l'activité, avec des habitués qui n'ont pas caché leur incrédulité face à la fermeture.
Une perte pour l'équilibre du quartier
Au-delà du commerce, c'est tout un équilibre local qui est touché. « Ce n'est pas moi qui le dis, mais au vu de ce qu'on entend depuis l'annonce de la fermeture, il faut croire que ce commerce, c'était important. Un quartier, c'est un équilibre : une librairie, une boucherie, d'autres commerces… C'est ce qui fait une vie de quartier. Et aujourd'hui, j'ai peur qu'il manque quelque chose », conclut Thierry Galea. Cette histoire de 70 ans laissera sans aucun doute un souvenir durable dans le quartier de Menton, rappelant l'importance des commerces de proximité dans la vie locale.



