Fermeture de Chamca à Alès après 30 ans : la fin d'une époque pour le commerce traditionnel
Chamca ferme à Alès après 30 ans, victime du e-commerce

La fin d'une institution commerciale à Alès

Après trois décennies d'activité ininterrompue, l'enseigne Chamca, située au cœur du centre-ville d'Alès, prépare sa fermeture définitive. Cette boutique spécialisée dans les bijoux fantaisie et accessoires de mode, installée à l'angle des rues Sauvage et Beauteville, représente l'une des plus anciennes enseignes commerciales du centre historique alésien.

Trente ans d'histoire qui s'achèvent

Damien Devèze, le gérant historique de Chamca, s'apprête à tourner la page d'une aventure commerciale débutée il y a exactement trente ans. À bientôt cinquante ans, dont trente consacrés au commerce de détail, l'homme d'affaires fait un constat sans appel sur l'évolution du secteur.

« On n'y arrive plus depuis la crise du Covid », confie-t-il avec lucidité. « Nous avons enregistré une chute vertigineuse des ventes à partir de cette période charnière. Les nouveaux comportements d'achat, principalement tournés vers internet, ont radicalement transformé la donne. Des habitudes se sont ancrées, et il n'y a pas de retour en arrière possible. Les clients ne fréquentent plus les commerces traditionnels comme avant. »

Un faisceau de causes multifactorielles

Le commerçant alésien identifie plusieurs facteurs convergents qui expliquent cette fermeture :

  • La concurrence massive du commerce en ligne
  • Les problèmes récurrents de stationnement en centre-ville
  • Les préoccupations liées à l'insécurité
  • La conjoncture économique défavorable

« C'est un tout », résume Damien Devèze. « La concurrence d'internet est évidemment déterminante, mais quand vous ajoutez les difficultés de parking, les questions de sécurité, et le contexte économique général, l'équation devient impossible à résoudre pour un commerce comme le nôtre. »

Une situation qui dépasse le cadre local

Le gérant de Chamca observe que ce phénomène n'est pas spécifique à Alès. « J'ai des contacts professionnels à Narbonne, Montpellier, Béziers... Partout, c'est le même constat. Les commerces traditionnels souffrent des mêmes maux. Les seules activités qui résistent sont celles qui échappent à la concurrence directe d'internet, où le service client reste un atout décisif. »

La boutique, qui employait jusqu'à cinq personnes à son apogée, ne compte plus aujourd'hui que Damien Devèze derrière le comptoir. « Il fut un temps où nous étions cinq à travailler, et parfois, nous avions du mal à faire face à l'affluence. Aujourd'hui, je liquide le stock restant avant la fermeture définitive prévue pour la mi-avril », explique-t-il.

Liquidation et transmission

En attendant la fermeture programmée, tous les produits encore disponibles en boutique sont soldés avec une réduction de cinquante pour cent. Les locaux, qui ont déjà trouvé acquéreur, devraient être repris par une nouvelle enseigne commerciale, marquant ainsi le passage à une nouvelle ère pour cet emplacement stratégique du centre-ville d'Alès.

Damien Devèze, quant à lui, envisage une réorientation professionnelle. « Je vais sans doute me tourner vers autre chose. Trente ans dans le commerce, c'est un beau chapitre qui se termine, mais il faut savoir reconnaître quand les modèles économiques évoluent. » Cette fermeture symbolise les profondes mutations qui affectent le commerce de centre-ville dans de nombreuses agglomérations françaises.