Coordination rurale dénonce une intimidation inacceptable contre le monde paysan
La Coordination rurale (CR) exprime sa plus vive indignation face à ce qu'elle qualifie d'intimidation inacceptable contre le monde paysan. Six de ses agriculteurs membres sont actuellement en garde à vue depuis mercredi matin dans le département de la Haute-Garonne, selon les informations communiquées par le parquet à l'Agence France-Presse.
Des soupçons de dégradations aggravées
Les agriculteurs sont soupçonnés d'avoir notamment dégradé des transformateurs appartenant à Enedis. Les faits reprochés se seraient déroulés entre le 15 et le 27 janvier dernier. Le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz, a précisé que ces dégradations étaient aggravées par la réunion et la dissimulation du visage des auteurs.
Les individus interpellés sont également suspectés d'avoir coupé un arbre en bordure de route et de l'avoir laissé délibérément sur la voie publique, mettant ainsi en danger la vie d'autrui. David Charmatz a ajouté que l'enquête pourrait néanmoins permettre de démontrer leur implication dans d'autres faits similaires.
Le syndicat dénonce des méthodes brutales
Dans un communiqué officiel, la Coordination rurale a réagi avec fermeté, dénonçant ces méthodes disproportionnées, brutales et profondément choquantes. L'organisation agricole voit dans ces interpellations une tentative claire d'intimidation politique visant à faire taire les revendications légitimes du monde paysan.
Peu avant cette déclaration officielle, Lionel Candelon, membre de la direction de la CR et président de la chambre d'agriculture du Gers, avait exprimé son indignation sur les réseaux sociaux. Il estimait que ces agriculteurs se sont fait interpeller comme des terroristes [...] suite à des manifestations pacifiques qui se sont déroulées pendant deux mois.
Contexte de mobilisation agricole
Le responsable syndical faisait référence à la récente mobilisation d'agriculteurs qui protestaient contre plusieurs mesures gouvernementales. Parmi les principales revendications figuraient notamment :
- La dénonciation de l'abattage systématique de l'ensemble d'un troupeau lorsqu'un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est détecté
- L'opposition à l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays sud-américains du Mercosur
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le monde agricole et les autorités, avec des méthodes d'action qui divisent quant à leur légitimité et leur proportionnalité. La Coordination rurale maintient que ses membres défendent simplement leurs droits face à des politiques qu'ils jugent défavorables à l'agriculture française.