Accord UE-Mercosur : la France exige un report pour protéger l'agriculture
Accord UE-Mercosur : la France exige un report

La France a officiellement demandé le report des échéances de décembre pour la signature de l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur, estimant que les conditions ne sont pas réunies pour garantir une protection effective de l'agriculture européenne. Cette demande a été formulée dimanche 14 décembre 2025 par le Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Des avancées jugées insuffisantes

Dans un communiqué, Sébastien Lecornu a déclaré que les "avancées" intégrées ces derniers mois au texte "sont encore incomplètes et doivent être concrétisées puis mises en place de façon opérationnelle, robuste et effective, pour pouvoir produire et apprécier leurs pleins effets". Il a ajouté : "Alors qu'un sommet du Mercosur est annoncé le 20 décembre, il est clair dans ce contexte que les conditions ne sont pas réunies pour un quelconque vote du Conseil de l'UE sur une autorisation de signature de l'accord."

La France exige des éléments concrets avant de se prononcer. "La France ne peut se prononcer de manière définitive que sur la base d'éléments concrets, précis et opérationnels, et non sur la base de simples annonces. C'est pourquoi la France demande que les échéances de décembre soient repoussées pour continuer le travail et obtenir les mesures de protection légitimes de notre agriculture européenne", a précisé le Premier ministre.

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Le président Macron appuie la demande

Selon l'entourage d'Emmanuel Macron, le chef de l'État "constate qu'à ce stade le compte n'y est pas pour protéger les agriculteurs français". Il a demandé à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, un report de l'examen de l'accord. L'Europe a besoin de l'accord des 27 États membres pour que la Commission puisse signer l'accord. Le Danemark, qui assure la présidence tournante de l'UE, a prévu un vote en début de semaine prochaine pour déterminer si le bloc doit signer l'accord d'ici la fin de l'année.

Un accord controversé

Après 25 ans de négociations, Bruxelles a finalisé un accord avec le Mercosur en décembre 2024. L'approbation nécessite un vote favorable au Parlement européen et une majorité qualifiée parmi les gouvernements de l'UE (au moins 15 sur 27 représentant 65 % de la population). La Commission et des pays comme l'Allemagne et l'Espagne y voient un moyen de compenser les pertes commerciales dues aux droits de douane américains et de réduire la dépendance à la Chine pour les minerais rares. Bruxelles présente l'accord comme le plus large jamais scellé pour réduire les droits de douane.

Opposition des agriculteurs et des écologistes

Les agriculteurs européens ont régulièrement manifesté contre cet accord, craignant l'importation à bas coût de marchandises sud-américaines, notamment le bœuf, ne respectant pas les normes environnementales et sanitaires de l'UE. Des groupes de défense de l'environnement s'y opposent également. Les détracteurs espèrent que l'accord sera bloqué, soit au Parlement européen, où les Verts et l'extrême droite sont contre, soit par les gouvernements, si la Pologne, l'Italie et la France le rejettent.

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