Le gouvernement français prépare un budget 2026 marqué par de nouvelles mesures d'économies, visant à réduire le déficit public à 2,8% du PIB, selon des sources proches de Bercy. L'objectif est de respecter les engagements européens tout en maîtrisant la dette, qui devrait atteindre 112% du PIB en 2025.
Des coupes dans les dépenses de fonctionnement
Les ministères devront réaliser des économies supplémentaires, notamment sur les dépenses de fonctionnement et les subventions aux opérateurs de l'État. Le gouvernement table sur une réduction de 10 milliards d'euros des dépenses publiques en 2026, après déjà 15 milliards d'économies prévues pour 2025.
Selon le ministre de l'Économie, « ces efforts sont nécessaires pour assurer la soutenabilité de nos finances publiques et préserver notre crédibilité auprès des marchés ». Il a également souligné que les dépenses sociales et d'investissement seront protégées, mais que des gains d'efficacité sont attendus dans tous les secteurs.
Un contexte budgétaire contraint
La France fait face à une pression accrue de la part de la Commission européenne, qui a ouvert une procédure pour déficit excessif. Le déficit public devrait atteindre 5,1% du PIB en 2025, bien au-dessus du seuil de 3% autorisé par les traités.
Pour y remédier, le gouvernement mise sur une combinaison de hausses de recettes et de baisses de dépenses. Les recettes fiscales devraient augmenter de 2% en 2026, grâce à une croissance économique attendue à 1,4%, tandis que les dépenses de l'État seront plafonnées à une progression de 0,5% en volume.
Des secteurs ciblés
Les économies porteront notamment sur les dépenses de personnel, avec une réduction des effectifs dans certains ministères, et sur les aides aux entreprises, qui seront recentrées sur les secteurs prioritaires. Par ailleurs, les collectivités locales seront invitées à participer à l'effort, avec une baisse de 2 milliards d'euros des dotations de l'État.
Le gouvernement prévoit également de réduire les niches fiscales et sociales, qui représentent plus de 100 milliards d'euros par an. Selon le rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, « il est indispensable de rationaliser ces dispositifs pour améliorer l'efficacité de la dépense publique ».
Des critiques sur la rigueur budgétaire
Ce tour de vis budgétaire suscite des critiques, notamment à gauche, qui dénonce une politique d'austérité. « Ces coupes vont peser sur les services publics et les ménages les plus modestes », a déclaré le député socialiste. De son côté, le syndicat Solidaires estime que « le gouvernement fait le choix de la rigueur au détriment de l'investissement public et de la transition écologique ».
Le gouvernement défend sa stratégie en arguant qu'un déficit maîtrisé est la condition d'une croissance durable. Le ministre de l'Économie a affirmé que « la France doit montrer l'exemple en matière de discipline budgétaire pour préserver sa souveraineté et sa capacité à investir dans l'avenir ».
Calendrier et prochaines étapes
Le projet de loi de finances pour 2026 sera présenté en Conseil des ministres en septembre 2025, avant un examen parlementaire à l'automne. Le gouvernement espère une adoption avant la fin de l'année, mais les débats s'annoncent houleux, notamment sur la réforme des retraites et la fiscalité écologique.
En attendant, Bercy peaufine les arbitrages, avec l'objectif de présenter un budget crédible aux partenaires européens et aux agences de notation. La France devra également convaincre les marchés financiers, alors que la charge de la dette atteint déjà 50 milliards d'euros par an.



