Cet été, la pinasse « Des cigales 2 » fêtera ses 70 ans. Pour l’occasion, son propriétaire Didier Pineau l’a confiée à Emmanuel de Mecquenem, charpentier et charpentier de marine de 37 ans, installé à Ludon-Médoc. Ce dernier a créé la Scierie des bois jolis il y a un an au lieu-dit Le Bourdilot, après l’avoir fondée six ans plus tôt à Listrac-Médoc.
Un artisan au service du bois local
Emmanuel de Mecquenem, diplômé de deux CAP (charpentier et charpentier de marine), travaille avec une scierie mobile. « Je vais directement chez les gens pour couper les bois, débiter des planches et des poteaux, explique-t-il. Que ce soient des particuliers, des menuisiers, des charpentiers, des élagueurs ou des négociants en bois, j’achète du bois brut le plus local possible. On s’aperçoit qu’à côté de chez nous, il y a beaucoup d’essences très intéressantes, qui remplacent les bois exotiques. » Ses hangars lui permettent de débiter ces bois sur place.
Il observe une tendance à réutiliser les vieilles charpentes dans le bâtiment, conformément à la loi Agec qui encourage la réparation plutôt que le remplacement. Son projet est de créer un atelier partagé et de faire vivre le lieu. Il cherche deux menuisiers autoentrepreneurs pour l’accompagner.
Une pinasse chargée d’histoire
Emmanuel de Mecquenem est ami de scout marin avec le fils de Didier Pineau, propriétaire du château Bellegrave du Poujeau au Pian-Médoc. Ce dernier possède une pinasse nécessitant une rénovation pour son 70e anniversaire. Didier Pineau raconte : « En 1980, j’ai acheté cette pinasse baptisée “Des cigales 2”, une embarcation authentique qui a servi à transporter des huîtres, à un ostréiculteur du bassin d’Arcachon. J’ai beaucoup navigué dessus, et même coulé. Construite à Gujan-Mestras, amarrée au Cap-Ferret, elle mesure 10,50 mètres de long et peut transporter une quinzaine de personnes. »
Les deux hommes partagent la même vision écologique : « Ne pas jeter, essayer de faire durer, faire revivre et entretenir la tradition des bateaux patrimoine. »
Une rénovation minutieuse
Emmanuel de Mecquenem a entrepris de refaire tout le pont, renforcer le plancher, revoir la cabine et le bac du capot moteur en séquoia. « J’ai repris les bases, poncé, renforcé, reconstruit, repeint. La base est en pin maritime et chêne, la structure refaite en acacia, très résistant aux intempéries. Le pont est en cyprès chauve, car c’est léger, souple et stable. Les Indiens en faisaient des pirogues en Louisiane. »
L’objectif est que la pinasse reprenne le camion de transit le 9 juin. Cet été, Didier Pineau prévoit de sortir quotidiennement, comme à son habitude, pour se rendre au pied de la dune du Pilat, où ses neuf petits-enfants aiment escalader depuis l’eau, ou à Andernos et Arès pour la pêche. À Noël, direction l’île aux Oiseaux pour la tranquillité et le spectacle.
Selon les « Chroniques ludonnaises », en gascon, « Bourdil » signifie ferme isolée, hameau. Contact au 06 29 85 26 93.



