Une renaissance lumineuse pour l'église de Sainte-Marie-de-Chignac
À Sainte-Marie-de-Chignac, commune de Boulazac-Isle-Manoire, un projet artistique d'envergure est en cours pour redonner de la lumière et de la vie à l'église locale. Dans le cadre de la restauration de cet édifice classé Monument historique, la vitrailliste Maddy Sylla, âgée de 33 ans et gérante de l'atelier Martin LG, crée actuellement 11 vitraux destinés à remplacer d'anciennes menuiseries en bois, jusqu'ici assez opaques. Samedi 4 avril, une visite a été organisée pour présenter l'avancée de ce chantier, marquant la première réalisation complète de la jeune artisane dans une église.
Des créations inspirées par l'art roman et l'histoire locale
Dès les premières réunions, Maddy Sylla a imaginé des saynètes en lien étroit avec l'histoire du lieu. Inspirés de l'art roman, les vitraux mêlent habilement motifs géométriques et scènes figuratives. Parmi les éléments représentés, on retrouve le ruisseau du Manoire, l'église de jour et de nuit, ainsi que le chai de Taboury. « L'idée était de rester dans quelque chose de classique, mais en le retraduisant pour correspondre à l'identité de Sainte-Marie de Chignac », explique la vitrailliste, soulignant ainsi son approche respectueuse du patrimoine tout en y insufflant une touche contemporaine.
Un travail collectif sous contraintes patrimoniales
Le projet s'inscrit dans un cadre contraint, imposé par le classement de l'église en Monument historique. Il a fallu composer avec l'existant, en respectant les peintures murales et en restant cohérent avec l'architecture du bâtiment. Maddy Sylla a travaillé en étroite collaboration avec la mairie et la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), prenant en compte des aspects techniques comme la taille des ouvertures et la durabilité des matériaux. Derrière ces créations, les gestes restent traditionnels : les verres sont teintés dans la masse puis peints pour créer les motifs, un processus minutieux où la lumière est pensée dès la conception pour accompagner les volumes et les usages du lieu.
Une démarche narrative et collective
Maddy Sylla exprime sa passion pour créer des vitraux qui racontent quelque chose du lieu, une approche qui attire particulièrement cette jeune artisane. Ce travail est mené de manière collective, avec les autres intervenants du chantier, assurant une harmonie globale. « J'espère que les habitants auront plaisir à redécouvrir l'église et à s'y attarder », confie-t-elle, anticipant déjà l'impact de ses œuvres. Une fois posés, les vitraux offriront un visage plus lumineux et vivant à l'église, redonnant au lieu toute sa profondeur et invitant à la contemplation.
Ce projet illustre parfaitement comment l'artisanat d'art peut revitaliser le patrimoine, en mêlant techniques ancestrales et inspirations modernes pour créer des espaces plus accueillants et significatifs pour les communautés locales.



