Maurice Reille, le coutelier amateur du Valdonnez
Le coutelier amateur du Valdonnez

Un professeur émérite passionné de coutellerie

Maurice Reille, professeur d'université à la retraite, est une figure reconnue dans le monde de la botanique. Après avoir enseigné à l'université de Marseille, il a publié un Dictionnaire visuel de botanique qui fait autorité. Mais ce scientifique cultive une autre passion, loin des laboratoires : la fabrication de couteaux décoratifs. Dans sa demeure du Valdonnez, il se définit comme un "coutelier hobbiste".

Des débuts inspirés par un cousin

Son intérêt pour les lames lui est venu lorsqu'un cousin de Laval-Atger lui a offert un couteau. Par la suite, il a suivi les cours de Mireille Delcluse, rue d'Aigues-Passes à Mende, qui lui a enseigné les bases de la coutellerie. Depuis, Maurice Reille a réalisé environ 300 couteaux, tous non pliants. « Je ne suis pas assez bon mécanicien pour les couteaux pliants, et je n'aime pas cela : on les perd », explique-t-il.

Des matériaux nobles et une signature unique

Chaque couteau est fabriqué à partir de lames découpées dans de l'acier de scies circulaires de récupération. Dans son atelier personnel, il effectue l'émouture, le polissage, et ajoute toujours une signature à l'eau-forte à l'acide nitrique. Les manches sont en bois précieux, comme le cytise. « J'aime obtenir de jolies formes et trouver de jolis bois », confie-t-il. Pour les étuis, il utilise du galuchat, une peau de raie, sur les conseils du cordonnier Xavier Piat de Mende. Les étuis sont décorés de motifs végétaux, en hommage à sa passion pour les fleurs.

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Une activité désintéressée

Maurice Reille consacre plusieurs dizaines d'heures à chaque couteau, qu'il offre ensuite ou met en dépôt-vente. « Je ne veux pas que mon activité porte préjudice aux couteliers professionnels », précise-t-il. Il est toutefois référencé dans le catalogue Matières, arts et couteaux de Mercorne, une entreprise de Langogne spécialisée dans les matériaux rares pour manches de couteaux. Pour lui, le couteau est un objet d'art apprécié par les hommes. « J'en ai toujours un à la ceinture, je m'en sers cent fois par jour. Ceux que je fabrique sont décoratifs, on est sûr de ne rien en faire », sourit-il. Mais ils sont beaux, comme les arbres et les fleurs qu'il continue de photographier.

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