Le Bolsin de Bougue, dont la 30e édition se déroulera ce dimanche 3 mai dans les arènes Jean-Fondeviolle, a souvent sacré de futurs matadors de toros dont certains sont devenus des figuras. Mercredi 3 juin 2026, Samuel Navalon sera au cartel de la Feria de la San Isidro dans les arènes de Las Ventas, à Madrid, aux côtés de José Garrido et Ismaël Martin. Le jeune matador de toros valencien, qui a pris son alternative le 14 septembre 2024 à Albacete, affrontera des pupilles de l’élevage de Lagunajanda. Samedi 25 avril, le torero originaire de Requena a préparé cet important rendez-vous en coupant quatre oreilles dans la placita de Casarrubios del Monte (Tolède). En début de temporada, il avait triomphé lors des Fallas de Valencia.
Avant de poser ses « zapatillas » sur le sable de prestigieuses arènes, Samuel Navalon a remporté au mois de mai 2023 le Bolsin de Bougue. Un passage presque obligé pour toutes les futures figuras telles que César Jimenez, Alejandro Talavante, Juan Ortega, Alvaro Lorenzo, les Français Julien Lescarret, Thomas Dufau, Sébastien Castella ou Juan Léal. Un palmarès de luxe qui tend à démontrer que Colette Lacomme et son équipe opèrent à chaque édition une judicieuse sélection. « Nous visionnons entre 60 et 70 vidéos envoyées par les éventuels sélectionnés », rappelle la présidente du Cercle taurin Soledad. Cette année encore, les demandes ont afflué.
Fortunes diverses
Tous les élèves des écoles taurines espagnoles et françaises rêvent de participer à ce Bolsin. Jean Louis Darré rappelle que « David Galvan se souvenait, plusieurs années plus tard, d’avoir toréé ses vaches et ses erales à Bougue ». La plupart des « chavales » qui ont remporté ce concours ont ensuite creusé leur sillon à des degrés divers dans le paysage taurin. Nombre d’entre eux sont devenus des matadors de toros. Le Nîmois Tibo Garcia, élu en 2015, a pris son alternative à Saint-Gilles devant des Fuente Ymbro en 2019. Solal Calmet, un autre torero français, vainqueur en 2018 alors qu’il s’appelait encore Solalito, a suivi une trajectoire similaire. Il trace sa route avec foi et courage comme Christian Parejo, lauréat en 2019. Le protégé de Tomas Cerqueira a même connu le privilège de confirmer son alternative à Madrid. L’Andalou Manuel Roman a gravé son nom au palmarès du Bolsin de Bougue en 2022. Le voici maintenant matador de toros, très précisément depuis le 25 mai 2025, chez lui à Cordoba.
Les deux derniers primés de cette compétition n’ont pas encore franchi le Rubicon. Pedro Rufo poursuit son aventure en novillada piquée. Clovis Germain, le Biterrois, dont Thomas Dufau est le conseiller, effectuera ses débuts avec chevaux lors de la prochaine Feria de la Pentecôte à Nîmes. Il sera à l’affiche de la novillada piquée des Fêtes de la Madeleine aux côtés de Julio Norte et d’Emiliano Osornio. Le Bolsin de Bougue, fidèle à sa réputation, demeure un rendez-vous incontournable pour tous les apprentis toreros.
Dix candidats mais un seul vainqueur
C’est à 9 h 30 pétantes que débutera ce dimanche 3 mai la 30e édition du Bolsin de Bougue. Une tienta gratuite sera proposée à une dizaine d’élèves des écoles taurines Adour Aficion, Béziers, Galapagar, El Legado, Arles, Camas, Séville, Badajoz et Salamanque. Les chavales travailleront des vaches de la ganaderia Camino de Santiago de Jean-Louis Darré. Un jury sélectionnera les trois meilleurs d’entre eux. Les heureux élus revêtiront l’habit de lumière lors de la novillada non piquée face à des erales du Camino de Santiago, dont le paseo aura lieu à 17 heures. Entre les deux spectacles, les aficionados se mettront à table lors du repas de l’afición.



