Bijoutiful à Nîmes : un tremplin pour la nouvelle génération d'artisans
Au parc des expositions de Nîmes, le salon Bijoutiful célèbre ses vingt ans avec une énergie renouvelée, portée par une dizaine de jeunes créateurs émergents. Ces artisans, sélectionnés par la CCI du Gard pour l'originalité et la qualité de leur travail, bénéficient d'une visibilité précieuse lors de cet événement qui se tient du 10 au 12 avril. Leurs stands, animés par un enthousiasme contagieux, témoignent d'une relève dynamique dans le secteur de la création artisanale.
Des univers diversifiés et affirmés
La diversité des inspirations est frappante parmi ces jeunes talents. Myriam Bruguière, fondatrice de Balimy Création à Bernis, conçoit des accessoires pour cheveux et des bijoux ornés de pierres naturelles, s'inspirant de la lithothérapie. "Ça représente, j’espère, un tremplin pour pouvoir me lancer", confie-t-elle, évoquant un projet né presque par hasard en famille. Natacha Garrido, avec Les macramés de Dame Ginette, revisite une technique ancestrale apprise auprès de sa grand-mère, créant des sacs en coton recyclé et des bijoux noués à la main. "C’est une étape supplémentaire", glisse-t-elle, ravie de participer pour la première fois à un salon qu'elle fréquentait déjà comme visiteuse.
Dans un registre plus onirique, Céline Sapina de Céline créations bijoux plonge dans un univers "féerique, fantastique, presque médiéval", avec des bijoux en micro-macramé et pierres naturelles. "Je suis une sorcière dans l’âme", assume-t-elle, testant ainsi un pari audacieux auprès du public. Marie Bouyala, de l'atelier Quilla, mêle tissage et pierres glanées lors de ses voyages, du Pérou à Madagascar, cherchant à "apporter une nouvelle dimension aux bijoux".
Des parcours de vie audacieux et des reconversions
Derrière ces créations, se cachent des histoires personnelles marquées par l'audace et la réinvention. Vanessa Pépina, d'Äwa, a quitté une carrière de vingt ans dans la vente pour se consacrer à ses bijoux de corps, inspirés du "féminin sacré". Ses créations modulables, serties de pierres positionnées au niveau du plexus solaire, visent à "libérer sa déesse intérieure", un concept encore peu démocratisé mais qui intrigue. Candie Bouraseinhac, avec Abracadamoi Bijoux, s'inscrit dans une tradition plus classique de la bijouterie artisanale. Formée puis devenue autodidacte, elle travaille la matière au feu et développe ses propres techniques, notamment pour la couleur, évoquant une "reconversion totale" guidée par une ancienne professeure d'arts plastiques.
Tous partagent la même envie : tester, apprendre et se confronter au regard du public. "Un vrai essai", résume Céline Sapina, tandis que Marie Bouyala y voit "un tremplin". Dans un salon qui a fait émerger de nombreux talents en vingt ans, ces jeunes créateurs s'inscrivent dans une continuité tout en apportant un souffle nouveau. Entre artisanat, quête de sens et créativité sans filtre, ils dessinent déjà les contours de la mode de demain.
Bijoutiful se poursuit jusqu'au dimanche 12 avril, de 10 heures à 19 heures au parc des Expositions de Nîmes, avec une entrée gratuite pour le public.



