Tudor, Jaeger-LeCoultre, Herbelin, Rolex : montres et sports à l'honneur
Tudor, Jaeger-LeCoultre, Herbelin, Rolex : montres et sports

Tendances • Montres Pour la plongée ou le sumo, à chaque sport sa montre. Les Suisses de Tudor s'acoquinent avec les imposants « rikishi », quand les Français d'Herbelin sortent une nouvelle « diver ». De son côté, Jaeger-LeCoultre puise dans ses archives, et Rolex distribue ses prix environnementaux.

Tudor sort les muscles

Depuis longtemps, la sphère horlogère raffole des sports en tous genres – football, tennis, voile, golf… Dépassement de soi, sublimation, rigueur : autant de valeurs auxquelles les marques s'identifient, jusqu'à, parfois, devenir chronométreur et partenaire de telle ou telle compétition.

C'est le cas de la maison suisse Tudor, qui vient d'annoncer son incursion dans le… sumo. Pour la petite sœur de Rolex, déjà engagée dans de nombreuses sphères (cyclisme, rugby, surf, trail), cette association avec la Japan Sumo Association peut surprendre. Quel rapport entre la manufacture qui fête ses 100 ans et promeut une horlogerie de pointe, et ces lutteurs monolithiques (en apparence), dont la vie entière est régie par des traditions millénaires ? Selon la marque, la réponse tient en un slogan, le sien depuis 2017 : « Born to Dare » (« Né pour oser »). Il n'y a guère plus dingue, en effet, que les combats de ces rikishi dont le plus léger dépasse allègrement le quintal.

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Les 13 et 14 juin à Bercy, pour leur première apparition dans l'Hexagone depuis 1995, 62 des meilleurs rikishi au monde (dont plusieurs Mongols et Ukrainiens – mais tous vivent et s'entraînent au Japon) se sont affrontés sur le dohyo, le mince cercle de combat recouvert de sable. Victoires éclair, chairs puissantes ; à l'issue de deux jours d'épreuves ponctuées de cérémonies traditionnelles (le coiffage rituel, le nouage de la ceinture de gala), c'est le gros bébé Kotozakura (28 ans, 1,89 m pour 178 kg), qui l'a emporté, soufflant la victoire aux favoris.

Chez Tudor, pas de modèle inédit révélé pour l'occasion, mais un imposant classique remis en avant, la Black Bay 68. Elle a été portée, le temps de l'inauguration de la nouvelle boutique de la marque sur les Champs-Élysées, par deux charmants et presque timides rikishi : Atamifuji Sakutaro (1,87 m, 192 kg) et Shodai Naoya (1,84 m, 169 kg).

Tudor, Black Bay 68, 43 mm de diamètre, mouvement automatique manufacture, boîtier acier, cadran bleu ou argenté, étanchéité 200 mètres, 5 000 euros.

Jaeger-LeCoultre ouvre sa malle aux trésors

C'est à Londres que la célèbre manufacture installée en Vallée de Joux, dans le Jura suisse, vient de présenter The Collectibles VI – sixième chapitre d'un programme qui consiste à racheter, restaurer et remettre en vente des montres anciennes, et rares. Soit douze tocantes au total pour cette édition, dont sept Reverso. Ce modèle mythique nous fait voyager de 1931 à 2003, depuis les premières boîtes Art déco jusqu'à une réinterprétation plus récente, dotée d'un cadran saumon aux finitions guillochées à la main, et, au recto, d'une belle squelettisation du calibre 822.

Les cinq autres pièces sont tout aussi singulières, parmi lesquelles une Triple Calendar à phase de lune datant de 1946, en or jaune, fabriquée par l'atelier Jaeger à Paris et jadis réservée au marché hexagonal, une Duoplan Coulissante en or pour femme (1956), dont le micro-volet glissant dissimule le cadran, deux Memovox, et une rarissime Geomatic de 1970.

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Selon Matthieu Sauret, qui a initié les Collectibles en tant que directeur Produit et Héritage chez Jaeger-LeCoultre, tout commence par une passionnante « chasse » : dénicher les plus beaux exemplaires dans le monde entier, essentiellement aux enchères. Bien entendu, chaque montre doit être un spécimen rare et/ou exceptionnel, de par son design et sa technicité. Ensuite, cette petite vingtaine de pépites (jamais plus), passe entre les mains des maîtres horlogers de l'atelier de restauration, intégré à la manufacture de la Vallée de Joux. Là, des modifications sont effectuées, mais a minima. Quelques mécanismes du mouvement, à la rigueur, mais l'esthétique, presque pas : « On ne veut pas faire du neuf avec du vieux », dit Sauret. De surcroît, les grands collectionneurs, premiers destinataires des Collectibles, préfèrent les modèles conservés au plus près de leur aspect originel. Chaque pièce est ensuite livrée avec un extrait des archives de Jaeger-LeCoultre, un nouveau bracelet en cuir choisi en fonction du style de la montre, et, lorsque cela est possible, l'écrin, les papiers et le bracelet d'origine. Si cette collection capsule reste exposée jusqu'au 18 juillet dans la boutique londonienne du 13 Old Bond Street, et visible sur le site jaeger-lecoultre.com, tous les garde-temps, sauf un, sont déjà vendus.

Herbelin plonge léger

La mer, l'océan, la voile : voilà une autre ambiance sportive plébiscitée par les horlogers. Cette fois-ci, cocorico, c'est au tour d'Herbelin, née en 1947 à Charquemont dans le Jura, et toujours gérée par les descendants de la famille fondatrice, de dévoiler une tocante à l'occasion de la Porquerolle's Classic, une régate de voiliers vintage que la maison sponsorise. Si le mistral, début juin, a empêché la tenue de la première manche au large d'Hyères, les deux autres ont finalement sacré « Sumurun » dans la catégorie Big Boat. Construit en 1914, ce somptueux voilier de 28 mètres, construit en chêne, teck ou acajou, s'enorgueillit d'une sacrée histoire : dessiné par le célèbre architecte naval William Fife, il fut offert par Victoria Sackville-West (la mère de Vita, qui fut l'amante de Virginia Woolf) à son volage époux Lionel Sackville, dans l'espoir, dit-on, de le séduire à nouveau.

La nouvelle Herbelin, elle, est une Cap Camarat Diver format maousse, mais en titane à finition mate – ce qui la rend plus légère et contemporaine que la version en acier dévoilée l'an passé. À l'intérieur, un mouvement automatique suisse, finement réglé dans les ateliers de Charquemont. Le bracelet en caoutchouc se décline en noir et kaki, viril comme il faut. Dans la catégorie estivale/marine, cette Cap Camarat s'avère l'un des meilleurs rapports qualité-prix du moment.

Herbelin, Cap Camarat Diver Automatique Titane, 42 mm de diamètre, mouvement automatique suisse Sellita SW220, boîtier titane mat, bracelet FKM noir ou kaki, étanchéité 200 mètres, 1 300 euros.

Le chiffre : 165

C'est le nombre de lauréats distingués par les Rolex Awards depuis la création, en 1976, de ces prix dédiés à la protection de l'environnement. Et cette année, la marque à la couronne dévoile, pour la première fois, un palmarès entièrement féminin. Venues d'Indonésie, du Nigeria, du Pérou, de Chine et des États-Unis, les cinq récipiendaires 2026 ont des parcours, et des engagements, aussi pointus que déterminants pour la faune, la flore… et l'humain.

Ainsi, en Indonésie, la conservatrice des forêts Farwiza Farhan défend l'écosystème Leuser – le dernier endroit sur terre où éléphants, tigres, orangs-outans et rhinocéros coexistent en liberté. L'experte en biodiversité Rachel Ikemeh, elle, a sauvé une espèce de singe (le colobus rouge du delta du Niger), au bord de l'extinction. Toujours en Afrique, la généticienne Pardis Sabeti développe des outils permettant de détecter des épidémies en Sierra Leone. Dans les forêts de bambous de Chine centrale, la professeure en sciences environnementales Binbin Li s'intéresse au panda sauvage, et œuvre à protéger son habitat. Quant à Rosa Vásquez Espinoza, chimiste biologiste, elle a établi un lien entre la déforestation amazonienne et le déclin des abeilles sans dard – le prix Rolex, lui, l'aidera à agrandir l'habitat protégé de ces pollinisateurs, cruciaux pour la biodiversité, dans l'Amazonie péruvienne. Chacune des lauréates, outre une large médiatisation, recevra une somme de 100 000 francs suisses (environ 108 000 euros), destinée à consolider son projet.