Tradition du mai dans les Landes : tolérance de la Draaf malgré le nématode du pin
Tradition du mai dans les Landes : la Draaf fait preuve de tolérance

La tradition du mai dans les Landes face au nématode du pin

Cette année, la question du pin maritime décoré planté devant les domiciles au matin du 1er mai revêt une importance particulière dans les Landes. En effet, dans la zone délimitée de 20 kilomètres autour du foyer de nématode découvert à Seignosse à l'automne 2025, le protocole sanitaire impose des restrictions sévères sur les résineux.

Un protocole strict initialement interprété comme une interdiction

Le protocole défini par la préfecture de Région en novembre 2025 est sans équivoque : il interdit la circulation des végétaux sensibles, des bois et écorces des espèces de résineux, ainsi que tous les travaux d'exploitation forestière. Cette réglementation concerne environ cinquante communes, de Bayonne au sud à Moliets-et-Maâ au nord, jusqu'aux portes de Dax à l'est.

Face à ces directives, plusieurs municipalités avaient pris les devants en interdisant les mayades traditionnelles. Fabien Villenave, adjoint chargé des forêts à Tosse, explique cette position préventive : « Depuis début avril, nous sommes en période chaude, ce qui signifie que le monochamus, le coléoptère qui transporte le nématode du pin, est sorti de son hibernation et peut contaminer d'autres arbres. Il faut éviter les risques inutiles de dissémination. »

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Ces communes proposaient des alternatives comme l'utilisation de feuillus, de bois d'acacia ou même de bambous pour perpétuer la tradition tout en respectant les consignes sanitaires.

La position plus nuancée de la Direction régionale

Paradoxalement, la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) adopte une approche plus tolérante. François Hervieu, chef du service de l'alimentation à la Draaf, justifie cette position : « Nous estimons que cette tradition, si elle est bien encadrée, ne présente pas vraiment de risques de dissémination du nématode, étant donné qu'il s'agit à chaque fois du déplacement d'un seul arbre. »

La Draaf a envoyé un communiqué aux communes concernées le 9 avril, précisant les conditions strictes pour autoriser la tradition :

  • Seuls les prélèvements d'arbres verts (jeunes pins) sont autorisés
  • Ces arbres doivent circuler uniquement dans la zone délimitée
  • Ils ne doivent en aucun cas sortir de cette zone
  • Après les fêtes, les pins coupés doivent être collectés et évacués vers les centres de traitement des déchets verts

Des positions municipales divergentes

Malgré cette tolérance affichée par la Draaf, les communes réagissent différemment. Dominique Graire, maire de Moliets, semble revenir sur l'interdiction initiale en déclarant que « la tradition vivra malgré tout ». À l'inverse, Christian Lajus, premier édile de Tosse, préfère maintenir l'interdiction des mayades traditionnelles sur sa commune, affirmant que « mieux vaut être trop prudent ».

La commune de Messanges, quant à elle, n'a pas communiqué sa position sur le sujet.

Une tradition landaise à réinventer

Cette situation crée un dilemme entre préservation d'une tradition culturelle importante dans les Landes et protection des forêts contre un parasite dévastateur. François Hervieu de la Draaf n'est d'ailleurs pas hostile aux alternatives : « Nous encourageons les initiatives qui permettent d'éviter complètement le risque, comme l'utilisation de feuillus ou de bambous. »

Le garde champêtre de Tosse, employé à l'Office national des forêts, rappelle cependant les sanctions encourues : toute personne prise en flagrant délit de coupe de résineux dans la zone réglementée s'expose à une amende d'au moins 130 euros, voire plus selon la gravité de l'infraction.

Ainsi, les Landais devront cette année naviguer entre respect des consignes sanitaires, adaptation de leurs traditions et écoute des recommandations parfois divergentes des différentes autorités compétentes.

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