Des images choc révèlent des pratiques illégales dans un élevage intensif
Les images, tournées fin février en caméra cachée et dévoilées par l'association de défense des animaux L214, sont particulièrement difficiles à supporter. Elles exposent l'intérieur d'une maternité collective pour porcs située à Kergrist, dans le département du Morbihan, qui travaille pour la coopérative agroalimentaire Eureden. Cet établissement, qui héberge environ 1.000 truies reproductrices, est accusé de mauvais traitements systématiques et de sévices graves infligés aux femelles ainsi qu'aux jeunes porcelets nés sur place.
Une plainte déposée et des pratiques interdites dénoncées
Face à ces révélations, L214 a annoncé avoir déposé une plainte officielle auprès du tribunal de Lorient. L'association demande également l'intervention immédiate des services vétérinaires du Morbihan pour mettre un terme à ces agissements. Sur les séquences vidéo transmises, on peut observer des scènes insoutenables :
- Des cadavres d'animaux laissés à même le sol
- Des porcelets vivants écrasés sous le poids de leur mère
- Des truies gravement blessées semblant abandonnées sans soins
- Des enclos recouverts de lisier servant de lieu de parcage
L'association dénonce par ailleurs des actes de castration sans anesthésie, une pratique pourtant interdite en France depuis l'année 2022. Des images montrant le meulage des dents des jeunes cochons ou la coupe systématique des queues ont également été rendues publiques, ce que L214 qualifie de mutilations illégales et d'infractions graves à la réglementation.
Le silence des responsables et le poids d'Eureden
Sollicité par nos soins, le responsable de l'exploitation agricole concernée a déclaré ne pas souhaiter s'exprimer sur ces accusations. La coopérative Eureden, de son côté, n'a pas répondu à nos demandes d'éclaircissements. Pourtant, ce géant de l'agroalimentaire, né en 2020 de la fusion des groupes d'Aucy et Triskalia, représente une puissance économique considérable avec 16.000 agriculteurs adhérents.
Eureden est notamment connue du grand public pour ses marques populaires telles que Paysan Breton ou Aubret, premier fabricant français de lardons. Le groupe fait cependant face à plusieurs procédures judiciaires engagées par d'anciens salariés de Triskalia exposés aux pesticides, ce qui ajoute une dimension préoccupante à son profil.
Un cas représentatif de l'élevage intensif selon L214
L'association L214 souligne que la porcherie de Kerfornan à Kergrist est représentative du système de l'élevage intensif pratiqué à grande échelle. Dans le but d'alerter l'opinion publique sur le sort réservé aux animaux d'élevage, elle appelle le groupe Eureden à s'engager formellement dans le Pig Minimum Standards.
Ce référentiel international précise des conditions d'élevage et d'abattage des cochons respectueuses du bien-être animal. La diffusion de ces images choc et le dépôt de plainte visent ainsi à provoquer une prise de conscience collective et à impulser des changements concrets dans les pratiques de l'industrie porcine française.



