Agriculture : les sciences sociales menacées dans la formation des agronomes
Sciences sociales menacées dans la formation des agronomes

Le ministère de l'Agriculture est accusé de vouloir réduire la part des sciences sociales dans la formation des ingénieurs agronomes. Selon des documents internes consultés par Le Monde, la réforme des programmes d'enseignement dans les écoles d'agronomie prévoit de diminuer les heures consacrées à la sociologie, à l'économie et à la science politique au profit de disciplines techniques et scientifiques. Cette décision a suscité une vive réaction de la part des chercheurs et des enseignants, qui y voient une menace pour la compréhension des enjeux agricoles contemporains.

Une réforme contestée

La réforme, qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2027, vise à moderniser les cursus des écoles d'agronomie, comme AgroParisTech ou l'Institut agro. Cependant, les syndicats et les associations de défense de l'enseignement supérieur dénoncent une « technicisation » excessive de la formation. Ils estiment que les sciences sociales sont essentielles pour former des agronomes capables de répondre aux défis du changement climatique, de la transition écologique et des inégalités dans le monde agricole.

Les arguments du ministère

Le ministère de l'Agriculture justifie cette réforme par la nécessité d'adapter les compétences des futurs ingénieurs aux besoins des entreprises et des filières agricoles. Selon lui, les sciences sociales seraient trop théoriques et ne correspondraient pas aux attentes du secteur. Le ministère souhaite renforcer les enseignements en biologie, en agronomie et en technologies numériques, jugés plus opérationnels.

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L'inquiétude des chercheurs

De nombreux chercheurs en sciences sociales dénoncent une vision étroite de l'agriculture. Pour eux, réduire la part de ces disciplines revient à ignorer les dimensions humaines, sociales et politiques de l'agriculture. Ils rappellent que les crises agricoles récentes, comme celle du lait ou de la viande, ont montré l'importance de comprendre les mécanismes économiques et sociaux. Une pétition a déjà recueilli plus de 10 000 signatures pour demander le maintien des sciences sociales dans les programmes.

Un enjeu pour la démocratie

Au-delà de la formation, c'est la place des sciences sociales dans la société qui est en jeu. Les opposants à la réforme estiment que celle-ci contribue à une dépolitisation des enjeux agricoles, en les réduisant à des problèmes techniques. Ils appellent à un débat public sur l'orientation de l'enseignement agronomique. Le ministère, de son côté, assure que la réforme est ouverte à la concertation et que des ajustements sont possibles.

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