L’opération "Le Gard de ferme en ferme", coordonnée au niveau départemental et déclinée sur le circuit Cèze Cévennes, a permis au public de pousser les portes de plusieurs exploitations agricoles du territoire pour rencontrer les producteurs et découvrir leur savoir-faire. À Saint-Denis, Jocelyne Vincent-Metge a accueilli les visiteurs sur son exploitation Romarins de Caramole, dédiée au romarin médicinal.
Une histoire familiale remontant à 1783
"J’ai repris l’exploitation depuis 1993. Elle est dans notre famille depuis 1783. À l’époque, c’était le ver à soie qui était majoritairement dans la région et mes grands-parents ont commencé avec des mûriers. Dans les années 60, mon papa a commencé à se diversifier un peu avec du melon, de la tomate, des vignes et des semences de betteraves. Mon père n’était pas en bio parce qu’historiquement ça coûtait très cher à l’époque d’être en bio. Mais dès que l’on a commencé, nous étions en lutte raisonnée. En 1993, on a gardé à peu près la même culture. On a réduit drastiquement les vignes, il nous en restait 2 ha et on a fini par les arracher et on a continué avec le melon. On est passé à HVE, haute valeur environnementale, dès que ça a été possible, autour de 2015-17, et l’on a été en bio tout de suite sur le romarin, en 2020."
Un romarin de qualité grâce à des méthodes respectueuses
"On continue à faire des céréales. On a intégré les protéagineux, pois, vesce, sarrasin, dans le cadre d’une rotation des cultures qui sont non récoltées et enfouies pour servir de base et d’engrais verts pour la saison suivante", explique Jocelyne Vincent-Metge. "Pour ce qui est de la distillation, je ne suis pas équipée, donc soit l’on se rend avec notre production chez un distillateur, soit c’est lui qui se déplace pour le faire à la ferme. Ce que je veux, c’est une extraction basse pression. Le temps de distillation est un peu plus long mais en général, je fais pré-faner un petit peu, je ne mets pas directement mon romarin frais, de façon que déjà j’ai de l’eau qui soit partie. Et je perds un peu d’huile, mais ça nous permet d’avoir une meilleure qualité. Pour un plan bien développé, on récolte entre 1 l et 1,5 l."
Un accueil chaleureux et pédagogique
Les visiteurs ont également profité de temps d’échange autour des propriétés du romarin, de démonstrations et de dégustation. Une manière concrète d’illustrer l’objectif de "De ferme en ferme" : permettre une rencontre directe entre producteurs et grand public, dans un cadre pédagogique et convivial. Une halte qui a marqué les esprits, tant par la passion de la productrice que par l’originalité de cette culture au cœur des collines gardoises.



