Une nouvelle génération prend les rênes de la ferme Malaga à Onesse-Laharie
Dans le petit village d'Onesse-Laharie, au cœur des Landes, une transition générationnelle significative est en cours. Matthieu Vandame, jeune agriculteur dynamique de 28 ans, s'apprête à reprendre officiellement la ferme familiale dénommée Malaga. Cette exploitation agricole, spécialisée historiquement dans la culture de céréales et de légumes divers, va connaître un nouveau chapitre sous sa direction. Il succède ainsi à son père, Thierry Vandame, qui devrait prendre sa retraite bien méritée au cours de l'année 2026.
Un parcours atypique : de la cybersécurité aux champs
Le parcours de Matthieu Vandame est loin d'être linéaire. « J'ai grandi en région parisienne », explique-t-il avec franchise. « De formation, je suis ingénieur en cybersécurité et j'ai exercé comme consultant en informatique pendant cinq années complètes. Cependant, le moment est venu pour moi de revenir à des valeurs plus concrètes, plus tangibles. Ce n'est pas si mal de sortir et de faire quelque chose de ses propres mains », confie le jeune homme, visiblement enthousiaste à l'idée de cette reconversion professionnelle radicale.
Une exploitation familiale aux cultures diversifiées
La ferme Malaga, initialement gérée par Maurice Vandame, le grand-père de Matthieu, s'étend sur une superficie totale impressionnante de plus de 400 hectares. Sur ces terres fertiles, poussent traditionnellement :
- Du maïs doux
- Du maïs semence
- Des haricots verts
- Des carottes
Fidèle à l'esprit d'innovation de son père, qui avait introduit plusieurs cultures d'asperges entre 2009 et 2022, Matthieu Vandame a décidé de s'engager résolument dans la production d'asperges des sables des Landes, bénéficiant d'une Indication géographique protégée (IGP). Cette décision stratégique vise à diversifier les revenus de l'exploitation.
Le développement ambitieux de l'aspergeraie
Dès ce printemps, le jeune agriculteur va planter cinq hectares d'asperges, avec un objectif clair : atteindre 20 hectares d'ici l'année 2029. « La culture de l'asperge est dite pérenne », précise Matthieu Vandame. « Les aspergeraies peuvent produire de manière continue durant huit à douze années. C'est également une culture rémunératrice qui nous permettra de réduire notre dépendance aux fluctuations souvent imprévisibles du prix du maïs ».
Les griffes d'asperges, éléments de plantation, proviennent directement des Pays-Bas, réputés pour leur expertise en la matière. Ces griffes peuvent produire des asperges de qualité pendant une décennie consécutive. « Il est important de noter que les premières asperges ne sont récoltées que l'année suivant la plantation initiale », souligne l'agriculteur. « Cette production exige une main-d'œuvre conséquente, une délicatesse particulière lors de la récolte, et, point crucial, une mise au froid impérative dans les quatre heures suivant le ramassage pour préserver toute la fraîcheur et les qualités du produit ».
Un partenariat stratégique avec la coopérative Maïsadour
Pour mener à bien ce projet de diversification, Matthieu Vandame s'est tourné vers la coopérative agricole Maïsadour. Cette structure compte déjà une vingtaine d'adhérents producteurs d'asperges, cultivant ensemble un peu plus de 300 hectares. La coopérative a apporté un soutien technique précieux au jeune agriculteur :
- Réalisation d'une analyse approfondie des sols de l'exploitation.
- Conseils avisés sur le choix des variétés d'asperges les plus adaptées.
- Recommandations sur les pratiques culturales optimales.
« Ce soutien nous a permis de sélectionner, a priori, les meilleures variétés pour notre type de sol, à savoir Vitalim et Grolim », indique Matthieu Vandame.
En tant que nouveau producteur adhérent, la coopérative finance généreusement 50% du coût des griffes et participe également au financement d'une partie des arceaux, qui sont placés sous le paillage thermique en plastique. Outre cette aide financière non négligeable, Maïsadour simplifie considérablement le travail quotidien de l'agriculteur. « Nous n'aurons pas à effectuer de tri fastidieux. Notre tâche se limitera à récolter les asperges, à les couper à une longueur standard de 25 centimètres et à les placer immédiatement dans l'eau froide », se réjouit le jeune exploitant.
Optimisation des ressources et perspectives de rendement
Matthieu Vandame bénéficie d'un atout supplémentaire : il peut compter sur le matériel agricole déjà présent sur l'exploitation et utilisé précédemment par son père. « Nous disposons d'une douzaine de machines, dont une buteuse essentielle pour former les buttes nécessaires à la culture. Le seul équipement que nous devrons acquérir est un atomiseur pour les traitements phytosanitaires », explique-t-il.
Les perspectives de rendement sont encourageantes. Le jeune agriculteur espère récolter environ 1,5 tonne d'asperges dès l'année prochaine. C'est généralement durant la troisième année que la culture entre pleinement en production, avec un rendement qui peut alors atteindre 4 à 5 tonnes par hectare, promettant une viabilité économique solide pour cette nouvelle orientation de la ferme familiale Malaga.



