Dix filières agricoles de Provence unies pour promouvoir leurs labels de qualité
Provence : dix filières agricoles se regroupent en collectif labels

Dix filières agricoles historiques de Provence, toutes labellisées IGP, AOP ou Label rouge, se sont regroupées en un collectif baptisé « Labels de Grande Provence ». L'objectif est de mieux faire connaître leurs spécificités et savoir-faire, et de sensibiliser le grand public à la garantie de produits d'exception qu'offrent ces signes de qualité.

Un collectif né de la volonté de partager des valeurs communes

« Derrière chaque produit, il y a des visages. Et des filières qui façonnent les paysages de Provence depuis des siècles », explique Philippe Zamari. Le collectif rassemble des filières historiques et traditionnelles, partageant des valeurs communes : le souci de la qualité, un ancrage territorial, des pratiques vertueuses et l'importance des liens humains, entre producteurs comme avec les consommateurs.

Audrey Faucou, porte-parole du collectif et productrice de petit épeautre IGP dans les Hautes-Alpes, déclare : « Nous portons des pratiques agricoles vertueuses, sommes les héritiers d'un savoir-faire historique qu'il faut protéger, et qui a dessiné les paysages au fil des siècles. Nous sommes fiers de nourrir le territoire, en nous reposant sur des notions de partage et de plaisir. Mais il nous est également indispensable d'être bien identifiés par le grand public. D'où la naissance de ce collectif, pour faire à plusieurs ce qu'on ne peut pas faire seuls. »

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Les dix filières emblématiques du collectif

Les dix filières réunies mettent l'eau à la bouche de tout gastronome provençal : agneau de Sisteron, foin de Crau, huiles et olives de la région Sud, miels de Provence, petit épeautre et farine de Haute-Provence, pomme des Alpes-de-Haute-Durance, riz de Camargue, taureau de Camargue, thym de Provence et herbes de Provence, vins des Baux-de-Provence. Ces produits sont tous reconnus par des signes officiels d'identification de la qualité et de l'origine (SIQO).

Un exemple d'association savoureuse : « Agneau de Sisteron IGP Label rouge, fumé au foin de Crau AOP, accompagné d'un petit épeautre de Haute-Provence IGP façon risotto », le tout relevé aux herbes de Provence Label rouge.

Un projet financé par l'Union européenne

Porté par la chambre régionale d'agriculture et financé par l'Union européenne, le collectif vise à « faire connaître et reconnaître les SIQO », « donner de la visibilité aux savoir-faire à travers des produits d'excellence », « inciter à consommer ces produits porteurs de sens, de territoire et de valeur », « développer la confiance des consommateurs », « valoriser l'impact positif des SIQO sur les territoires et leurs producteurs » et ainsi « contribuer au soutien de l'agriculture européenne ».

De nombreuses opérations grand public sont prévues d'ici 2028 : participation à des événements, création d'un site internet, relais médiatiques, influenceurs et réseaux sociaux. Audrey Faucou précise : « À la création du collectif, la chambre régionale a proposé à toutes les ODG de la région de s'y joindre. Les plus motivés ont répondu. L'idée principale, c'est que les logos – IGP, AOP, Label rouge – soient bien identifiés du grand public, que le consommateur y voie une référence qualitative et un soutien aux agriculteurs locaux. »

L'importance des consommateurs régionaux

Les actes d'achat des habitants de la région sont essentiels pour ces filières. « Les actes de consommation des habitants de la région structurent nos filières et soutiennent les hommes et femmes qui sont derrière ces bons produits et ces bonnes pratiques. C'est précieux, certaines filières ne se portent pas bien », résume Audrey Faucou.

Jean-Louis Lautard, représentant de l'apiculture dans les Alpes-Maritimes, exprime son « bonheur d'exercer ce métier passionnant » mais pointe « les dégâts exponentiels du frelon asiatique, les effets croissants du changement climatique, ou la crise de la lavande qui affecte notre production majeure, le miel de lavande ».

La productrice de petit épeautre rappelle que « ces signes ne s'obtiennent pas par hasard, ils témoignent de cahiers des charges exigeants, de nombreux contrôles, etc. » Autant de garanties de qualité, tout en soutenant l'agriculture locale et en se faisant plaisir dans l'assiette.

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Herbes de Provence : attention aux origines

Les consommateurs avertis savent que les « herbes de Provence » sans signe de qualité proviennent souvent des pays de l'Est, du Maghreb ou de Chine, et rarement de Provence. « La production réellement provençale d'herbes de Provence ne représente que quelques petits pour cent de ce qui est consommé en France », indique Anaïs Dieudé, animatrice de l'association interprofessionnelle des herbes de Provence.

La coopérative des Aromates de Provence, basée à Trets (13), regroupe une quarantaine de producteurs de toute la région, produisant environ 35 tonnes d'« Herbes de Provence AOP » et 60 tonnes de « Thym de Provence IGP ». Pour obtenir ces labels, les productions doivent répondre à un cahier des charges exigeant : séchage et triage soigneux, pureté optimale, taux de poussières et de tiges minimal, et une concentration en huiles essentielles d'au moins 2 %. « Ce chiffre est souvent dépassé, de l'ordre de 3 ou 4 %, quand les produits importés sont souvent autour de 1 %… En cuisine, cela fait une grande différence, les saveurs sont bien plus présentes », explique Anaïs Dieudé.