Le préfet des Pyrénées-Atlantiques réaffirme son soutien au pastoralisme face aux attaques de loups
Le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Marie Girier, a réaffirmé, mardi 7 avril, son soutien au pastoralisme et a présenté les nouvelles mesures qui allègent les contraintes pour tirer sur les prédateurs en cas d'attaque. Cette déclaration a été faite lors d'un « comité départemental loup » organisé à Pau, en réponse aux récentes attaques sur des troupeaux d'ovins dans la vallée de l'Ouzoum, au sud de Pau.
Un comité marqué par le boycott d'éleveurs
Devant la préfecture, un petit comité d'éleveurs et de représentants de la FNSEA, opposés à la présence du loup sur le territoire, a choisi de boycotter la rencontre. Ils réclament « une éradication » sans délai ni sommation du dangereux prédateur. Parmi eux, Jean-François Lacazette, vice-président de la FDSEA 64, éleveur de brebis, vaches et chevaux en vallée de Barétous, n'a pas subi d'attaques sur ses troupeaux mais était présent « en soutien de mes collègues en tant que représentant syndical ».
Le préfet reconnaît la difficulté de cohabitation
Dans ce contexte d'inquiétude et de tension, le préfet a « réaffirmé » devant la délégation présente que « le soutien au pastoralisme constitue une priorité de l'État » et a reconnu que « la présence du loup reste difficilement compatible avec un territoire pastoral à forte densité ovine transhumante tel que celui des Pyrénées ».
Nouvelles mesures pour les tirs et la protection
Jean-Marie Girier s'est surtout attaché à rappeler que, depuis le 1er avril, une simple déclaration permet d'effectuer « des tirs de défense » lors de prédations. Il a aussi redit qu'« en cas de nouvelle attaque sur un troupeau déjà touché, et lorsque la responsabilité du loup ne peut être exclue », les services de l'État se rapprocheront de l'éleveur pour « la mise en place de mesures de protection d'urgence, un accompagnement dans les démarches administratives et la mobilisation des lieutenants de louveterie pour les troupeaux protégés ».
Scepticisme des éleveurs
Resté avec les collègues dehors, Arnaud Prat, éleveur de vaches et chevaux de trait à Montaut, près de Lestelle-Bétharram, secteur très fréquenté par le prédateur, se montre sceptique sur les mesures annoncées : « D'autres fois où la brigade loup s'est déplacée, il ne s'est rien passé du tout, rappelle-t-il. Il faut que l'État fasse son boulot, et enlève ces animaux qui sont dangereux pour tout le monde ! »
Il y a une dizaine de jours, le loup a été vu sur un piège photographique à Saint-Vincent, à 500 mètres de sa stabulation. « Le lendemain matin chez moi, toutes les clôtures étaient cassées : quelque chose semble avoir effrayé les animaux. Donc il y a aussi des désagréments indirects, mais qu'on ne peut ni quantifier, ni attribuer directement », témoigne-t-il à son niveau.
Bilan des attaques et inquiétudes persistantes
Les services de l'État notent « la présence continue d'un loup en Béarn depuis 2018 », et « le passage d'un individu au Pays basque en 2025 ». Côté dégâts sur les troupeaux d'ovins, 9 attaques de prédateur ont fait 31 victimes en 2024, 14 brebis ont été tuées au cours de 7 attaques en 2025, et 6 attaques ont déjà fait 25 victimes en 2026. « Une légère évolution est observée cette année, justifiant le maintien d'une vigilance adaptée », commente la préfecture.
Bernard Allègre, président du Groupement pastoral de Bruges, ne se montre guère plus convaincu : « On tourne en rond, critique-t-il. Si ça continue, le préfet et l'État vont pouvoir signer l'arrêt du pastoralisme local… »



