Pyrénées-Atlantiques : Pillages répétés sur les installations agricoles, les agriculteurs s'alarment
Ces dernières semaines, plusieurs agriculteurs du nord-est de Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, ont été victimes de pillages sur leurs installations, avec des vols de câbles électriques en cuivre qui équipent leurs systèmes d'irrigation. Ces actes délictueux, survenus notamment à Escoubès et Monassut-Audiracq, ont causé des préjudices financiers significatifs, poussant les exploitants à renforcer leur sécurité.
Des vols coûteux et répétés
À Escoubès, dans le nord du Béarn, l'agriculteur André Candau a constaté la disparition d'environ 300 mètres de câbles en cuivre durant la nuit du week-end des 11 et 12 avril. « Tous les câbles ont été sectionnés et emportés. J'ai fait faire un devis, j'en ai pour 3 000 euros pour remettre tout ça en état », explique-t-il, soulignant également des difficultés d'approvisionnement liées à la pénurie de pétrole due à la guerre au Moyen-Orient.
Dans la commune voisine de Monassut-Audiracq, deux exploitants ont subi des vols similaires. Un premier vol de 400 mètres de câbles, il y a trois mois, a coûté 4 500 euros en réparations. « Mais la deuxième fois – il y a un peu plus d'une semaine –, ils ont volé 3 x 300 mètres. Alors que j'avais installé des colliers de serrage autour des câbles… », soupire l'un des propriétaires. Le préjudice s'élève à 14 000 euros, avec une franchise d'assurance de près de 1 000 euros à payer.
Une enquête en cours et des mesures de sécurité
Le commandant de la compagnie de gendarmerie des Pyrénées-Atlantiques, Benoît Alegoët, indique qu'une enquête est en cours avec la brigade de recherche de Lescar. « Cela mobilise une grosse partie de notre attention ces dernières semaines. Mais il est trop tôt pour communiquer », précise-t-il. Une dizaine de plaintes ont été déposées dans ce secteur, et d'autres départements comme les Landes rencontrent des problèmes similaires.
Face à ces incidents, les agriculteurs craignent de nouvelles récidives et ont décidé de s'équiper avec des alarmes et des caméras, bien que peu convaincus de leur efficacité. « On fait venir les gendarmes, mais à part trouver qui sont les voleurs, on ne peut pas espérer grand-chose. Ce n'est pas ça qui paye. Et vu la conjoncture nationale et internationale, il va y en avoir d'autres », commentent-ils avec fatalisme.
Appel à la vigilance et recrudescence des vols
Les forces de l'ordre lancent un appel à la vigilance, incitant les habitants à signaler tout mouvement suspect de personnes ou de véhicules la nuit. « Même si on n'est victime que d'une tentative, sans préjudice, il faut déposer plainte : cela nous permet d'effectuer des recoupements, de recueillir des éléments d'identification susceptibles d'élucider d'autres faits commis ailleurs », insistent-elles.
Benoît Alegoët souligne la recrudescence de ce type d'actes, notamment le vol de métaux, au-delà des réseaux d'irrigation. Les agriculteurs, bien que résignés, espèrent que ces mesures de sécurité et la vigilance accrue permettront de limiter les dégâts futurs.



