Face à la crise du logement, l'exécutif envisage d'autoriser la location des logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE), à condition que le propriétaire s'engage à réaliser des travaux d'amélioration dans un délai de trois à cinq ans. Cette mesure, défendue par le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, vise à conserver sur le marché locatif 700 000 logements d'ici 2028. Cependant, elle suscite de vives inquiétudes chez les associations de locataires et les défenseurs de l'environnement.
Un dispositif critiqué par les associations
Le collectif Rénovons estime que sans vérification systématique ni conséquences immédiates en cas de non-respect, ces engagements risquent de rester déclaratifs. La CLCV fustige une mesure qui récompenserait les bailleurs n'ayant réalisé aucun travaux. Maxime Ledez, chercheur à l'I4CE, juge les délais longs et appelle à des contrôles renforcés. Le ministère assure qu'un suivi sera effectué par l'Ademe et que des amendes seront prévues.
Les obstacles liés à la copropriété
Frédéric, professionnel de l'immobilier à la retraite, souligne la dépendance aux votes des copropriétés pour engager des travaux lourds. Le collectif Rénovons confirme que les délais sont allongés sans traiter les causes du blocage. Marie-Amandine Stévenin de Que choisir déplore l'absence de mesure ambitieuse pour accélérer la rénovation, tandis que Marine Tondelier appelle à des baisses de loyers.
Jacques Baudrier, adjoint au logement à Paris, rappelle que le budget MaPrimeRénov' ne permet de financer que 120 000 rénovations globales par an, loin des 1,1 million de passoires à traiter d'ici 2028. La proposition s'inspire d'un texte de la sénatrice Amel Gacquerre visant à assouplir les contraintes pour les propriétaires face aux coûts et aux difficultés techniques.



