À Nontron, les craintes concernant la fragilité de la voûte contenant le déversoir des eaux pluviales qu’est le Rino ne datent pas d’hier.
Mais elles sont actualisées par la publication d’un nouveau rapport. Sous la place du Canton et la rue Camille-Chabanneau, à Nontron, en Dordogne, coule le Rino. Ce cours d’eau souterrain, recouvert par une voûte du XVIIIe siècle aujourd’hui fragilisée, soutenant par endroits la chaussée, traverse une partie de la commune entre la rue du 11-Novembre et la place du Marronnier. L’état de la voûte inquiète et les dernières expertises ont conduit la municipalité à prendre des mesures de sécurité immédiates.
« Si ça s’écroule, c’est catastrophique », a résumé le maire Jean-Michel Gourdeau lors de la réunion publique organisée mercredi 6 mai. Comment en est-on arrivé là ?
Des inquiétudes dès 2012
Des inquiétudes existaient déjà en 2012, lorsqu’une étude avait été menée avant des travaux de voirie. L’entreprise consultée avait mis en lumière la fragilité de la voûte. Mais c’est en septembre 2025 que le dossier change réellement de dimension, avec un rapport alarmant de la société Igecav, spécialiste des cavités souterraines. Celui-ci évoque « la majeure partie du linéaire de la voûte » dans « un état de dégradation avancé ».
Une nouvelle inspection, réalisée en avril dernier, confirme l’aggravation, ce qui entraîne, cette fois, la fermeture de la zone à la circulation. Par endroits, l’état de la voûte est si dégradé qu’il ne resterait plus que 40 à 50 centimètres entre la chaussée et le vide. C’est au niveau de la place du Canton et du bas de la rue Camille-Chabanneau que les désordres observés sont les plus importants.
Quels risques ?
Le danger ne se limite pas à un simple affaissement de la chaussée. Sous ce secteur passent plusieurs réseaux, notamment le gaz et l’électricité. Leur rupture pourrait avoir de lourdes conséquences. Les habitations situées au-dessus ou à proximité immédiate de la voûte constituent l’autre source d’inquiétude. « Un effondrement de la voûte pourrait entraîner celui de certaines habitations, ou inversement », résume l’édile.
Un tel scénario n’est pas envisagé à court terme, mais il pourrait devenir une réalité si rien n’est fait. Pour prévenir ces risques, la municipalité a restreint la circulation dans cette zone, dans l’attente de travaux de sécurisation.
Un gouffre financier
Au-delà des enjeux de sécurité, le dossier pose la question du financement des opérations qui s’élèveraient, selon les premières estimations, à près de 10 millions d’euros de travaux. Un montant hors de portée pour une commune comme Nontron. D’autant que, depuis début 2026, elle a récupéré la compétence du Rino. Transférée à la Communauté de communes du Périgord nontronnais en 2017, celle-ci vient de revenir à Nontron, malgré l’opposition des élus municipaux.
La commune, estimant qu’elle ne pourra pas agir seule, se tourne vers les représentants de l’État. Le sous-préfet, Benoît Legrand, suit le dossier de près. Une commission réunissant élus et acteurs locaux a également été mise en place pour accompagner les réflexions et informer la population. À ce stade, beaucoup d’inconnues demeurent. De nouvelles expertises sont attendues pour septembre.



