Expérimentation de la taxe incitative sur les ordures ménagères à Montpellier
Lors du conseil de métropole du mardi 3 juin, Michaël Delafosse, président de la Métropole, a annoncé le lancement d'une expérimentation de six mois pour la taxe incitative sur les ordures ménagères. Celle-ci débutera dès juillet dans un quartier de Montpellier et une commune de la Métropole. Cette mesure s'inscrit dans une stratégie zéro déchet ambitieuse menée depuis trois ans.
Un constat alarmant sur la gestion des déchets
Michaël Delafosse n'a pas mâché ses mots : "La gestion des déchets est un fiasco depuis des décennies." La collectivité fait face à un coût exorbitant d'exportation des déchets ultimes, conséquence de la fermeture du site de Castries fin 2019. "Nous sommes la seule Métropole qui exporte ses déchets, ce qui fait de nous la risée du pays", a-t-il déploré. Les décharges et incinérateurs qui accueillent ces déchets refusent désormais de les recevoir.
Par ailleurs, l'usine de méthanisation Ametyst, située à Garosud, ne fonctionne pas correctement et génère des nuisances olfactives considérables. La Métropole prévoit de transformer cette usine pour traiter des combustibles solides de récupération (CSR), ce qui réduira le trafic de camions exportant les déchets et alimentera les réseaux de chaleur et de froid.
Un dialogue citoyen controversé
Dans ce cadre, un "dialogue citoyen" a réuni 85 personnes pendant un an. Leurs recommandations, présentées hier en conseil, ont été saluées par René Revol, vice-président à la politique zéro déchet. Cependant, l'opposition a critiqué le processus. François Vasquez a estimé que la synthèse avait été proposée aux citoyens, et non rédigée par eux. Alenka Doulain a regretté l'absence de données sur les choix techniques et les alternatives au CSR.
Le compte administratif 2024 approuvé malgré des critiques
Le compte administratif 2024 a été approuvé avec 9 abstentions et 3 votes contre. Renaud Calvat, premier vice-président aux finances, a souligné l'amélioration de la situation : baisse des coûts de l'énergie et de l'inflation, épargne brute dépassant 100 millions d'euros, et investissements de 456 millions d'euros dans le plan pluriannuel d'investissement (PPI), avec un taux de réalisation supérieur à 80 %. Plus d'un milliard d'euros a été consacré aux politiques publiques, dont 40 % pour les mobilités.
L'opposition n'a pas été convaincue. Alenka Doulain a noté que le PPI prévoyait 2,5 milliards d'euros de 2021 à 2026, mais seulement 1,3 milliard ont été dépensés. Abdi El Kandoussi a dénoncé un surendettement de la Métropole. En réponse, Julie Frêche, vice-présidente aux mobilités, a mis en avant les 456 millions d'euros de dépenses d'équipement, contre 237 millions lors du mandat précédent. Renaud Calvat a ajouté que 80 % du PPI seront réalisés en 2026, malgré la hausse des taux d'intérêt.
Détails de l'expérimentation de la Teomi
René Revol a expliqué que la délégation de service public pour Ametyst sera examinée le 16 juillet, suivie d'un débat public en 2026. Parallèlement, la Taxe d'enlèvement des ordures ménagères incitative (Teomi) sera testée dès juillet. Les bacs et bennes seront équipés de moyens d'identification et de géolocalisation pour facturer les usagers. Après six mois d'expérimentation, la Teomi pourrait être généralisée en 2026.



