À Draguignan, l'Association syndicale libre (ASL) du canal gravitaire des arrosants a tenu son assemblée générale à la Maison des sports et de la jeunesse. Ce canal, propriété de la Ville, s'étend sur huit kilomètres depuis sa prise d'eau dans la Nartuby, à Rebouillon, jusqu'au lavoir de Folletière. Face à une trentaine d'adhérents présents sur les 188 actifs conviés, dont neuf professionnels agricoles, les enjeux étaient cruciaux : comment pérenniser l'approvisionnement en eau tout en enrayant la baisse des cotisations ?
Une prise d'eau vulnérable
Le président de l'ASL, Jacques Borde, a alerté sur la situation critique de la prise d'eau principale à Rebouillon. « Chaque hiver, les crues effacent le chenal d'amenée, empêchant l'eau d'entrer dans le canal lorsque le niveau du lit redescend l'été », a-t-il expliqué. Il a souligné l'impact direct : sans eau, l'agriculture locale disparaît. En conséquence, certains usagers refusent de payer leur cotisation annuelle de 25 euros, créant un cercle vicieux où le manque de fonds empêche l'entretien du canal, générant davantage de défections.
Jusqu'à récemment, des bénévoles intervenaient dans le lit de la rivière, une pratique jugée « dangereuse » par le président, qui ne veut plus en assumer la responsabilité. Pour des aménagements pérennes, l'ASL sollicite le soutien de la mairie face aux instances de l'État, comme le Syndicat mixte de l'Argens ou la Direction départementale des territoires et de la mer. « En tant que propriétaire, la municipalité est un interlocuteur de poids », a insisté M. Borde, espérant une Déclaration d'intérêt général (DIG) pour modifier le seuil de la prise d'eau.
Une association en danger
Le nombre d'adhérents a chuté de 443 en 2017 à 188 aujourd'hui. « Ce n'est plus tenable pour la gestion, les investissements et la redevance de l'eau, qui représente un quart des cotisations », s'est désolé le président. Il exhorte les usagers à régulariser leur adhésion et promet une enquête de terrain pour redéfinir le périmètre irrigable. Par ailleurs, seulement 11 postes sur 15 au conseil de l'ASL sont pourvus, et des volontaires sont recherchés pour les postes de vice-président, trésorier, secrétaire. Faute de quoi, l'ASL pourrait s'autodissoudre et passer sous un régime plus contraignant, comme l'ASCO ou l'ASF, sous l'égide de la préfecture.
Vers une nouvelle convention avec la Ville
Jacques Borde souhaite réviser la convention d'utilisation avec la municipalité pour une « étroite collaboration ». Il salue le travail du personnel municipal pour le débroussaillage et le curage, mais espère rééquilibrer la gestion des martelières : l'ASL financerait leur fabrication et déléguerait leur pose à la commune. Arnaud Autric, conseiller municipal délégué à l'agriculture, a déclaré : « Si la collectivité doit investir, il faut que l'eau soit utilisée dans l'intérêt commun, c'est-à-dire l'agriculture. » Il a promis d'étudier le dossier et accepté le principe d'une réunion technique. L'affaire est à suivre.



