Des lycéens d'Eure-et-Loir correspondent avec des retraités andalous pour progresser en espagnol
À Nogent-le-Rotrou, en Eure-et-Loir, une initiative originale permet à des lycéens d'améliorer leur espagnol tout en tissant des liens intergénérationnels. Nathalie Ruiz, professeure d'espagnol au lycée Rémi-Belleau, a mis en place un échange de lettres manuscrites entre ses élèves et les résidents d'une maison de retraite de Grenade, en Andalousie.
Un projet à double portée : humaine et pédagogique
L'idée est née après la projection du film Abuela de Paco Plaza, qui aborde l'isolement des personnes âgées. Nathalie Ruiz, qui s'occupe de ses propres parents âgés de 91 et 81 ans, a vu dans ce projet une opportunité d'allier apprentissage et solidarité. « Certaines personnes âgées se retrouvent isolées et souffrent de la solitude. J'aime trouver de nouvelles façons d'enseigner. Là, il s'agissait de proposer aux lycéens d'échanger des lettres manuscrites en espagnol, eux qui n'ont plus l'habitude d'en écrire », explique-t-elle.
Les élèves ont immédiatement adhéré au projet. « Ils ont joué le jeu de manière incroyable. Certains ont décoré leurs lettres avec des fleurs, des dessins, des photos. Une élève a même glissé une rose en tissu dans son enveloppe », se félicite l'enseignante.
Un lien qui se renforce
Lors des dernières vacances scolaires, Nathalie Ruiz s'est rendue à la maison de retraite San Juan de Dios pour remettre les premières lettres. Les lycéens attendent désormais les réponses avec impatience. « Nous allons maintenir ce lien. Cet été, je retournerai à Grenade avec de nouvelles lettres, et je reviendrai avec la réponse des résidents. L'année prochaine, en février, nous organiserons un voyage scolaire à Grenade afin que les élèves puissent rencontrer les résidents. Nous irons passer un après-midi avec eux. Ce ne sera pas seulement un voyage touristique mais aussi humain », prévoit-elle.
Ce projet dépasse le cadre scolaire et crée un pont entre les générations, entre la France et l'Espagne. Un fil est désormais tendu entre les jeunes Nogentais et leurs correspondants andalous, et il n'est pas près de se briser.



