Montagne en été : un nouveau tournant pour les vacances en France
Montagne en été : un nouveau tournant pour les vacances

Dans certaines régions, la proportion des Français qui disent vouloir partir à la montagne en été est désormais supérieure à celle de l’hiver. Un tournant majeur dans l’histoire des vacances en France, qui s’explique par de multiples facteurs : multiplication des activités outdoor – au succès parfois fulgurant, à l’instar des courses de trail –, modernisation des hôtels, création d’infrastructures nouvelles (notamment aquatiques), séjours sur-mesure et parfois très originaux. Tout est mis en œuvre pour attirer une clientèle nouvelle, mais souvent sans expérience de la montagne.

Il faut parfois aux locaux déployer des trésors d’ingéniosité et de pédagogie dans l’apprentissage du milieu naturel, afin de donner aux néophytes les codes pour des pratiques respectueuses de l’environnement. Ces derniers, souvent avides d’une déconnexion totale, n’hésitent pas à prendre d’assaut bivouacs et refuges, ou à se lancer vers les plus hauts sommets. À condition de respecter certaines règles, dans l’Hexagone mais aussi ailleurs en Europe, comme en Suisse. Petit guide à l’usage des estivants pour une montagne en partage.

La Suisse et le Valais : l’eau en héritage

Si la Suisse compte 122 glaciers et 7 000 lacs et cours d’eau qui irriguent toute l’Europe, du Rhône au Rhin et au Danube, le Valais en regroupe à lui seul la grande majorité. De tout temps, l’Homme a voulu maîtriser la puissance et la générosité de l’eau. Bien avant l’existence des vertigineux barrages en béton, les paysans valaisans l’ont domptée et détournée pour irriguer les parcelles situées en montagne. Ils ont pour cela créé un réseau de bisses, canaux d’irrigation creusés ou construits à flanc de coteaux et de parois, à travers forêts profondes et gorges inaccessibles.

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Une renaissance patrimoniale

Abandonnés un temps dans leur fonction ancestrale, les bisses ont fait l’objet d’une politique de sauvegarde, non seulement comme patrimoine culturel, mais aussi pour amener l’eau là où elle manque. Des deux côtés de la vallée du Rhône qui entaille le canton sur sa longueur, une partie de ce passé ingénieux a été ressuscitée. D’autres canaux attendent leur tour, car bientôt ils serviront à économiser une eau devenue rare, que des glaciers toujours plus maigres dispensent avec parcimonie.

Pour découvrir la réalité du génie humain de l’irrigation, un Chemin des Bisses balisé parcourt la rive gauche du Rhône. Au départ de Martigny, sept étapes de 13 à 18 kilomètres vous relient à Grimentz, totalisant 110 kilomètres de marche facile. De mai/juin à octobre, à vous de choisir selon vos préférences de météo et de fréquentation.

L’eau, sens dessus dessous

C’est aussi dans le Valais que l’on peut traverser en barque les 300 mètres du plus grand lac souterrain navigable d’Europe, à Saint-Léonard, près de Sion. Il a été découvert en 1943 dans un coteau sous des vignobles. Visite de 30 minutes, 12 CHF.

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  • Sur les 85 sites de plongée lacustre répertoriés en Suisse, tous les grands lacs naturels sont concernés, certains lacs de montagne aussi, quoique la plupart interdits même à la baignade du fait d’un écosystème très fragile. Référence en Valais, le Domaine des Îles permet de s’initier ou de se perfectionner jusqu’à 40 mètres. Les inconditionnels aguerris se retrouvent sur le Léman, au pied du château de Chillon : à-pic de 65 mètres et profondeur de 110 mètres.
  • Il existe plus de 1 000 réserves naturelles protégées Pro Natura en Suisse. Parmi elles, les tourbières racontent une passionnante histoire de la flore et de la faune lacustres. Le Jura Suisse en compte plusieurs, dont celles de la Gruère ou des Ponts-de-Martels. Puis il faut viser le canton de Lucerne pour découvrir la réserve de la Biosphère d'Entlebuch, élevée par l’Unesco en 2011 au rang de “modèle pour le monde”. Parmi ses merveilles, son sentier des marécages se développe sur 80 kilomètres à parcourir en cinq étapes.