Lactalis face à la crise : la guerre au Moyen-Orient alourdit les coûts du lait
Lactalis : la guerre au Moyen-Orient pèse sur les coûts laitiers

Lactalis confronté à la flambée des coûts due au conflit au Moyen-Orient

Le géant laitier français Lactalis a tiré la sonnette d'alarme ce jeudi, annonçant vouloir « minimiser l'impact » sur les prix de ses produits. Cette décision fait suite aux conséquences économiques directes de la guerre au Moyen-Orient, qui a généré pour le groupe des surcoûts substantiels, évalués à « plusieurs dizaines de millions d'euros ». Emmanuel Besnier, PDG du groupe depuis l'an 2000, a présenté ces éléments lors de la révélation des résultats annuels à Grenade, dans le sud de l'Espagne.

Un contexte international particulièrement tendu

Emmanuel Besnier a souligné « le contexte assez compliqué » pour le secteur laitier, en pointant « l'instabilité dans de nombreux pays en 2025 et qu'on va retrouver en 2026 ». La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran depuis le 28 février a en effet embrasé la région, provoquant une flambée des prix de l'énergie aux répercussions mondiales.

« Cela a un impact important sur les coûts, à la fois sur les transports et les emballages », a reconnu le dirigeant. Fondé par son grand-père André Besnier en 1933, le groupe se voit dans « la nécessité d'aller répercuter ça auprès de nos clients », indiquant une pression à la hausse sur les prix finaux pour les consommateurs.

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Une demande de renégociation avec la grande distribution

Face à cette situation, Lactalis, à l'instar d'autres industriels de l'agroalimentaire, réclame la réouverture au plus vite des négociations commerciales avec les distributeurs. L'objectif est de partager ces frais imprévus liés au conflit. Cependant, les enseignes de distribution ne se montrent pas favorables à cette initiative pour le moment, créant une impasse potentiellement coûteuse.

Des résultats 2025 en demi-teinte malgré une croissance

L'exercice 2025 de Lactalis s'est achevé avec une hausse du chiffre d'affaires de 2,9 %, atteignant 31,2 milliards d'euros. Cette performance est notable malgré le « fort impact » des taux de change, particulièrement sur ses activités aux États-Unis, son deuxième marché. « C'était une année charnière pour le groupe avec la consolidation de notre développement sur le continent américain », a déclaré Emmanuel Besnier, précisant que le chiffre d'affaires régional y a « dépassé les 10 milliards d'euros » pour la première fois.

Le 1er juillet 2025, Lactalis a intégré les activités yaourts de l'américain General Mills, visant à « consolider » sa position sur ce marché stratégique. Dans un environnement marqué par des taxes douanières et des maladies animales, le groupe a su « continuer sa croissance ». Son bénéfice net s'est établi à 528 millions d'euros, rebondissant après un exercice 2024 affecté par un litige fiscal.

Structure mondiale et défis sectoriels

Lactalis, qui détient 260 sites de production et emploie 85 000 salariés dans le monde, reste vigilant face aux défis du secteur. Interrogé sur les récents rappels de laits infantiles, Emmanuel Besnier a déploré « des problématiques compliquées, dramatiques », tout en affirmant que « l'alimentation n'a jamais été aussi sûre et saine ». Cette déclaration intervient dans un climat de sensibilité accrue des consommateurs.

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