Avec des rentrées financières en recul, le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), qui a tenu son assemblée générale ce lundi 27 avril, cherche les moyens de rebondir. C'est peu dire que la filière vin bordelaise fait face à des vents contraires. « Depuis plus de cinq ans, de nombreux chocs conjoncturels sont venus s'ajouter à la vertigineuse trajectoire de déconsommation », a rappelé le président du CIVB, Bernard Farges, lors de l'assemblée générale de printemps de l'interprofession.
Un bilan financier en baisse
Cela s'est traduit dans les chiffres à l'heure de présenter le bilan financier de 2025. Avec des ventes à la baisse pour la quatrième année consécutive, les cotisations réglées par les opérateurs – qui s'appuient sur les volumes écoulés – sont en net recul, à 18,2 millions d'euros. Si l'on y ajoute les subventions européennes (5,2 millions) et autres ressources, ce sont 24,1 millions qui sont rentrés dans les caisses, soit 2,6 millions de moins par rapport à 2024. Faire plus avec moins est le pari à relever pour cet organisme paritaire qui emploie 45 personnes.
Des impayés en hausse
De leur côté, les dépenses (promotion, communication, technique, économique) se montent à 23,4 millions d'euros. Le budget 2025 a donc enregistré un excédent de 640 000 euros. Il s'agit là de reconstituer les réserves utilisées il y a trois ans pour financer le vaste plan d'arrachage. Comme on pouvait s'y attendre, de plus en plus de producteurs ne peuvent plus payer leurs cotisations et le CIVB a provisionné dans son budget 840 000 euros en créances douteuses, soit le double de l'exercice 2024. En 2026, avec un vignoble qui va encore perdre des surfaces – un troisième plan d'arrachage est en route –, les rentrées financières du CIVB seront encore à la baisse.
Une stratégie offensive
« Mais nous restons offensifs », a rappelé Florence Bossard, la directrice marketing, à l'heure de dérouler toutes les actions de promotion et de communication menées en France et à l'étranger : présence dans des salons, campagnes publicitaires, fêtes des vins ou mouvement Bordeaux local, la stratégie d'union des acteurs girondins pour mieux vendre les vins.
Convaincre les prescripteurs
Au-delà des grandes surfaces où les ventes sont à la baisse, des clignotants pourraient passer au vert, si l'on en croit un baromètre (Institut Opsio) présenté lors de l'assemblée. On y apprend que les consommateurs français aiment davantage les bordeaux que ceux qui les commercialisent (restaurateurs, cavistes, bars à vin). « Il faut aller davantage vers ces prescripteurs qui nous boudent », indique-t-on. Sûrement un moyen de relancer la machine.
La bataille idéologique
Si la bataille est celle des ventes à redresser, elle est aussi ailleurs. C'est ce qu'a expliqué Krystel Lepresle, déléguée générale de Vin & Société, qui fédère les structures professionnelles du pays. Elle a développé la « bataille idéologique contre l'alcool » menée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). « Elle amène à faire croire que la première goutte d'alcool peut être nocive pour la santé alors que des études montrent qu'une consommation modérée de vin peut être au contraire bénéfique », a expliqué, en substance, la responsable. La Gironde comptait 109 000 ha de vigne en 2023, 100 000 en 2024 et 91 400 en 2025. Les estimations sont à 80 000 pour la récolte 2026.



