Chaufferie biomasse à Chef-de-Baie : le conseil municipal vote pour
Chaufferie biomasse à Chef-de-Baie : vote unanime

Un projet de création d'une chaufferie biomasse à Chef-de-Baie a été voté à l'unanimité par les élus rochelais. Ils souhaitent également obtenir des informations sur les conséquences des activités anciennes du site. Deux semaines après la publication de l'article de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), qui a ravivé les vieux souvenirs enfouis dans le quartier de Chef-de-Baie, l'une des premières délibérations soumises au vote du nouveau Conseil municipal, lundi 27 avril, concernait l'usine Solvay (ex-Rhône-Poulenc, ex-Rhodia). Quand l'actualité a du talent, comme on dit...

Un projet de décarbonation

Il s'agissait pour les élus rochelais de donner leur avis sur le projet de création d'une chaufferie biomasse afin de répondre à ses besoins d'énergie et dans le cadre d'une démarche de décarbonation. Aujourd'hui, l'usine spécialisée dans le traitement, l'extraction et la purification de terres rares, utilisées dans l'électronique, l'automobile, l'éolien, les lampes à basse consommation, les écrans plats ou encore l'imagerie médicale, a recours à de la vapeur d'eau pour ses besoins en énergie. Celle-ci est produite en hiver par une turbine à gaz et une chaudière de récupération, en été par le centre de valorisation énergétique de la Communauté d'agglomération de La Rochelle situé à proximité.

Mesures et surveillance

Or, comme nombre de groupes industriels et d'entreprises, Solvay vise la neutralité carbone du site à l'horizon 2040. Afin de diminuer ses émissions de carbone à La Rochelle, il souhaite donc créer une chaufferie biomasse de 9,8 mégawatts (MW) et supprimer une turbine à gaz de 7 MW. Ce nouvel équipement permettra d'assurer, selon Solvay, 83 % des besoins en chaleur des installations du site, le reste étant produit par la chaudière gaz existante. Il utilisera un « mix combustible » composé de « 64 % de plaquettes forestières (chutes issues de la sylviculture), de 22 % de bois SSD (sortie de statut de déchet, un bois de fin de vie et bois déchets/recyclage) et 14 % d'écorces (connexes de scierie), soit 84 000 tonnes par an ». Le mix sera stocké dans trois silos de 330 m³ chacun intégrés au bâtiment.

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Avis unanime du Conseil municipal, avec quelques réserves. Marie Dubois, adjointe au maire en charge de la santé publique, demande que la surveillance de la qualité de l'air soit renforcée, « avec une mesure en continu en sortie de cheminée des dioxines et furanes, chlorure d'hydrogène et fluorure d'hydrogène » et que l'analyse des poussières « porte sur les plus fines (PM10 et PM 2,5) ». Elle recommande aussi des mesures régulières « aux points de retombées maximales des métaux lourds et des dioxines et furanes selon un protocole adapté au contexte local ». L'usine, rappelle l'élue, est située à 250 mètres d'habitations et à 100 mètres de la plaine des jeux Colette-Besson.

Exposcan

Pas de besoin de transition pour aborder le sujet de la santé publique. L'écologiste Océane Mariel fait le lien avec les activités passées du site et les alertes de la Criirad sur la radioactivité élevée (1) dans le secteur. Marie Dubois assure prendre le sujet « très au sérieux », y compris par rapport à la surincidence des cancers à l'ouest de la ville. « On ne peut pas faire de conclusions, mais ça fait partie des pistes qui sont explorées. »

Le maire Olivier Falorni a d'ailleurs indiqué qu'il rencontrerait le préfet Brice Blondel mercredi 29 avril pour parler de l'étude Exposcan, qui tentera de faire la lumière sur ces foyers de cancers. (1) 6 000 becquerels/kg pour l'uranium 238 et 4 800 becquerels/kg pour le thorium 232, selon des mesures de la Criirad effectuées en 2008.

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