Il y a quatre ans, la fondation Sommer, acteur incontournable du monde cynégétique, sonnait l'alarme. Dans un livre blanc, elle appelait à une réforme profonde de la chasse pour assurer sa survie dans une société où elle semble de plus en plus marginalisée. Aujourd'hui, ce constat est plus que jamais d'actualité.
Une baisse drastique du nombre de chasseurs
Il y a cinquante ans, la France comptait 2,5 millions de chasseurs. Ce chiffre est aujourd'hui tombé à un million. Si la tendance se poursuit, d'ici 2040, ils ne seront plus que 500 000, une projection que Philippe Dulac, président de la fondation François-Sommer, qualifiait déjà d'optimiste en 2021. Le livre blanc, intitulé « Retisser le lien entre la chasse et la société », se voulait une alerte face à cette érosion continue.
Une régulation plus efficace malgré moins de chasseurs
Paradoxalement, alors que le nombre de chasseurs diminue, les populations de grand gibier continuent de croître. L'artificialisation des sols progresse également : à ce rythme, l'équivalent de trois départements français de sol naturel pourrait disparaître d'ici 2040. Face à ce constat, le livre blanc insiste : « Il faudra mettre en place une régulation d'autant plus efficace que le nombre de chasseurs aura diminué. »
L'exemple allemand est cité comme une source d'inspiration : en 2020, 390 000 chasseurs allemands ont prélevé 890 000 sangliers, soit un rendement trois fois supérieur par chasseur par rapport à la France.
Huit chantiers et 88 propositions concrètes
Pour améliorer l'acceptation de la chasse par la population, le rapport préconise « davantage de responsabilités et d'éthique ». Il imagine huit grands chantiers : formation, sécurité, grand gibier, petit gibier, services écosystémiques, mode de chasse, partage de la nature et éthique. Ces chantiers sont assortis de 88 propositions très concrètes, allant de l'amélioration de la sécurité à la promotion d'une chasse plus respectueuse de l'environnement.
« La chasse est à un tournant de son histoire », concluait le livre blanc. Quatre ans plus tard, l'urgence est encore plus palpable, alors que le fossé entre chasseurs et autres usagers de la nature semble se creuser. La réforme n'a jamais semblé aussi nécessaire pour garantir la pérennité de cette pratique ancestrale.



