Blocage des agriculteurs dans le Gard : colère et lutte aux abords de l'A9
Blocage des agriculteurs dans le Gard : colère sur l'A9

Ce mardi 16 décembre, dès 4h30 du matin, les agriculteurs du Gard ont bloqué les entrées et sorties des autoroutes A9 et A54, à l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs. Au rond-point du kilomètre Delta, tracteurs, ballots de paille et pneus empêchent tout accès aux péages. « Toutes les entrées de Nîmes sont bloquées », se félicite Anthony Bafoil, président des Vignerons coopérateurs du Gard. Au total, huit accès sont neutralisés, de Garons à Roquemaure.

Une action coup de poing avant le Mercosur

David Sève, président de la FDSEA 30, précise : « On veut marquer le coup. Ce n’est pas une manifestation pour s’installer, mais on veut taper fort avant le Mercosur. » Le traité Europe-Amérique du Sud, que Bruxelles souhaite signer avant les fêtes, suscite une vive inquiétude chez les agriculteurs, qui redoutent une concurrence déloyale.

Certains manifestants, comme Romain Pascal, viticulteur à Baron, estiment que le mouvement de janvier 2024 n’aurait jamais dû être levé : « Depuis, rien n’a changé. On n’a touché aucune aide. Cette fois, j’espère que ça va durer. »

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Des témoignages poignants

Sous la pluie, une centaine d’agriculteurs se sont réfugiés au péage de Nîmes ouest. Mickaël Mazan, maraîcher et céréalier de Montpezat, confie : « On subit des cours qu’on ne maîtrise pas et les aides de la Pac ont diminué par trois. Beaucoup me disent que si ça continue, on va se tuer. » Morgan Marioge, viticulteur de 40 hectares, ajoute : « Pour nous, c’est l’enfer. Même mes parents n’ont jamais connu une crise pareille. Les prix se sont écroulés, les acheteurs mélangent avec du vin étranger. »

Il insiste sur la solidarité avec les éleveurs : « Attention, si on est là, c’est avant tout en solidarité avec les éleveurs qui doivent abattre. Leur faire ça, c’est terrible. »

Revendications et détermination

Vers 6h30, David Sève et Romain Angelras ont pris la parole. Sève a martelé : « Le principal problème, c’est le revenu. Les normes, c’est la goutte d’eau. On demande à la ministre de se pencher rapidement là-dessus. » Angelras, des Jeunes agriculteurs, a rendu hommage aux manifestants : « C’est triste d’en arriver là. On est là parce qu’on nous traite avec mépris depuis trop longtemps. »

Les agriculteurs sont marqués par les images violentes de la répression en Ariège, ce qui alimente leur colère. Certains pourraient ne pas suivre les directives nationales de la FNSEA et poursuivre l’action sur le terrain.

Conséquences et perspectives

Le blocage a provoqué d’importants bouchons, mais dans le calme. Un chauffeur routier a interpellé les motards de la police : « Mais comment je peux travailler ? » D’autres actions pourraient suivre, notamment après la décision de Bruxelles le 18 décembre sur le Mercosur. David Sève et Romain Angelras monteront en Belgique ce jour-là. Il est certain que ce ne sera pas un feu de paille, même si beaucoup de ballots ont brûlé ce matin.

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