FDSEA 47 propose un atelier de découpe de dépannage à Boé après la fermeture du dernier du Lot-et-Garonne
Atelier de découpe de dépannage à Boé par la FDSEA 47

Une initiative de dépannage pour les éleveurs du Lot-et-Garonne

À la suite de la fermeture du dernier atelier de découpe du département, situé au Temple-sur-Lot, la FDSEA 47 a mis en place une solution de dépannage dans son laboratoire du magasin de vente directe Cœur de village, à Boé. Chaque lundi, Mathis Beurdin et Jonathan Poutrain commencent leur journée dès l'aube pour découper et transformer des bœufs, vaches, veaux et agneaux. Ces préparations ne sont pas destinées à la boucherie locale, mais aux éleveurs lot-et-garonnais qui écoulent leur production en vente directe.

Un service essentiel dans un contexte de déclin

Dans le département, où l'élevage est en déclin, il reste peu d'éleveurs, et ceux-ci font face à une nouvelle contrainte majeure : l'absence de salle de découpe sur le territoire. Après la fermeture de l'atelier de Laurent Sarrazin au Temple-sur-Lot en novembre, le syndicat de la FDSEA de Lot-et-Garonne a pris cette initiative pour répondre à un besoin urgent. Laurent Sarrazin avait beaucoup investi pour offrir ce service aux éleveurs souhaitant maîtriser leurs coûts de vente, mais selon lui, l'atelier n'était "plus rentable" en raison de l'augmentation des cours de la viande.

Émilie Etcheverry, directrice de la FDSEA 47, explique : "Les cours ont beaucoup augmenté en deux ans. Les éleveurs ont plus intérêt à vendre sur pied. 8 euros le kilo… C'est du jamais vu." Le magasin et ses employés ont obtenu une dérogation de la préfecture de Lot-et-Garonne en janvier, suivie d'un agrément de la DDESCPP. Le syndicat récupère les bêtes à l'abattoir, les transporte jusqu'à l'atelier de Boé, où la viande est découpée, préparée, mise sous vide et étiquetée.

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Une prestation limitée mais en demande croissante

La prestation, qui a déjà trouvé son public, est soumise à des limites strictes pour des questions de normes, d'hygiène et de biosécurité. "Nous avons la possibilité de découper puis de transformer maximum 250 kilos de viande par semaine", précise Émilie Etcheverry. Des échantillons de ces préparations sont envoyés à un laboratoire d'analyses à l'Agropole, une étape impérative dans ce cadre très normé. Tout éleveur situé dans un rayon de 80 kilomètres peut faire appel à ce service, et la directrice insiste : "Et nous ne faisons pas de clientélisme syndical."

La Chambre d'agriculture envisage des solutions à long terme

Lors de sa dernière session, la Chambre d'agriculture a provisionné 150 000 euros pour étudier l'opportunité de créer une nouvelle salle de découpe après la fermeture annoncée de la dernière du département. Karine Duc, présidente de l'organisme consulaire, détaille : "Nous sommes en train d'étudier les volumes, les besoins." Elle n'exclut pas d'entrer au capital d'une société qui aurait l'ambition de développer un tel outil.

En attendant, les éleveurs doivent se contenter de solutions de dépannage, comme se rendre dans le Tarn-et-Garonne ou le Gers. "Nous les aiguillons dès qu'ils nous sollicitent", ajoute Karine Duc. Cependant, elle exclut aujourd'hui la probabilité d'un investissement de la chambre seule, évoquant le coût trop élevé d'une salle de découpe adossée à l'abattoir par rapport aux volumes disponibles dans le département.

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