Cyril Marès, membre actif de THT 13-30 M.L, explique les raisons de la manifestation prévue ce lundi 8 juin à Arles contre le projet de ligne à très haute tension (THT) de 400 000 volts reliant Jonquières-Saint-Vincent à Fos-sur-Mer. Il justifie le choix de cette date par l'entrée en vigueur d'un décret autorisant les agents de RTE à accéder aux terrains sans préavis, ce qu'il juge inacceptable.
Les motifs de la colère
Le projet prévoit l'installation de 180 pylônes de 50 à 90 mètres de haut sur 65 km, traversant la réserve naturelle de Camargue et un quart de l'appellation Costières-de-Nîmes. Pour Marès, c'est une aberration absolue, car cela compromet l'œnotourisme, essentiel à la survie du vignoble, sans parler des dégâts paysagers et sur la faune, notamment les oiseaux migrateurs.
La CNDP ignorée
La Commission nationale du débat public (CNDP) avait recommandé en septembre 2025 d'étudier des alternatives, comme l'enfouissement partiel de la ligne. Mais RTE a ignoré ces conclusions, selon Marès, qui dénonce également une désinformation sur les coûts de l'enfouissement.
Une opposition grandissante
Emmanuel Macron a qualifié cette ligne de nécessaire le 26 mai, mais l'opposition s'intensifie : 15 ONG, la profession agricole et l'agglo d'Arles se mobilisent. Marès souligne que les voix locales ne sont pas écoutées et que le dossier n'a bénéficié d'aucune attention politique.
Les enjeux juridiques
À partir du 2 juillet, un décret réduira à deux mois le délai pour contester les décisions du projet, avec un jugement sans appel possible sous dix mois. Marès appelle à un sursaut de l'opinion publique et à l'union de tous les Gardois, Bucco-rhodaniens et Français pour dire non à ce qu'il qualifie de massacre environnemental.
Biographie de Cyril Marès
Âgé de 57 ans, Cyril Marès est vigneron de septième génération au Mas des Bressades, dans les Costières de Nîmes. Ingénieur agronome, il préside le syndicat des Costières de Nîmes depuis 2023. Son domaine, en bio depuis 2020, produit 250 000 bouteilles par an.



