40 millions d'euros pour les zones intermédiaires, les reliquats bio réaffectés
40 millions d'euros pour les zones intermédiaires, reliquats bio

Le ministère de l’Agriculture a annoncé vendredi l’octroi de 40 millions d’euros d’aides destinées aux terres à faible potentiel de rendement, appelées « zones intermédiaires ». Cette enveloppe provient de reliquats de crédits européens qui étaient initialement prévus pour soutenir les conversions en agriculture biologique.

Une aide pour les agriculteurs conventionnels et bio

Cette aide, qui concerne à la fois les agriculteurs conventionnels des zones intermédiaires et ceux de l’agriculture biologique, sera « financée par une partie des reliquats de crédits européens résultant du ralentissement des conversions » en bio, précise le ministère dans un communiqué. La ministre a pour objectif de répondre en priorité aux difficultés des agriculteurs des zones intermédiaires tout en soutenant ceux ayant fait le choix de l’agriculture biologique.

Un contexte économique difficile

Dans un contexte d’inflation des coûts de production, les zones intermédiaires souffrent particulièrement. Les rendements y sont réduits et les revenus agricoles en baisse, car les cours mondiaux restent bas tandis que les charges ont brutalement augmenté avec la guerre au Moyen-Orient.

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Répartition des aides

La répartition de ces aides tiendra également compte des besoins remontés dans certaines régions sur les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC), particulièrement sollicitées par les agriculteurs bio et dans les zones de captage. Compte tenu de la fin de la campagne de télédéclaration de la Politique agricole commune (PAC) fixée au 18 mai, les préfets de région arrêteront « dans les tout prochains jours » les modalités d’allocation.

Le maintien en bio, parent pauvre ?

Dans le cadre de la PAC 2023-2027, une enveloppe annuelle de 340 millions d’euros est consacrée aux aides à la conversion à l’agriculture biologique en France, l'Union européenne visant 25 % de terres agricoles bio en 2030. Mais depuis 2023, des centaines de millions d’euros de reliquats ont été accumulés, dont une partie a été attribuée l’an dernier aux jeunes agriculteurs.

Après 257 millions d’euros de reliquats en 2023-2024, l’année 2025 a vu s’établir un nouveau record d’argent non dépensé à 150 millions d’euros sur un an, a souligné fin avril la Fédération des agriculteurs bio (FNAB). Cette organisation a regretté « une aide conversion cinq fois plus dotée que l’aide au maintien » et a appelé les régions et l’État à flécher les reliquats 2025 vers les fermes installées en agriculture biologique. Le secteur de la bio, qui cultive sans engrais ni pesticide de synthèse, a été confronté après le Covid à un repli de la consommation. Celle-ci a rebondi fortement en 2025, mais le nombre de fermes en bio a reculé pour la première fois en France.

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