40 ans du Concours des vins de la Vallée de l'Hérault : une édition sous le signe de l'excellence
40 ans du Concours des vins de la Vallée de l'Hérault

Le Concours des vins de la Vallée de l’Hérault a célébré ses 40 ans ce jeudi 7 mai au Château Capion, à Aniane. Pour cette édition anniversaire organisée par la CCVH, 90 jurés ont dégusté 230 cuvées présentées par 57 producteurs du territoire, dans un contexte marqué par la crise viticole mais aussi par la montée en qualité des vins languedociens.

Un écrin pour l’anniversaire

L’accord mets vin proposé en fin de dégustation était parfait. Mais l’harmonie était peut-être plus élégante encore entre la cave du Château Capion et le Concours des vins de la CCVH accueilli en ces lieux. Ce jeudi 7 mai, pour célébrer “40 ans d’excellence et de passion”, le rendez-vous vigneron de la Vallée avait trouvé un écrin à la mesure de l’événement. Une dégustation en cave, peut-être pour la première fois en 40 ans.

Un lieu qui se nourrit de pluralité

Les dégustations se sont déroulées dans la cave du Château Capion, à cheval entre Gignac et Aniane. Une structure vigneronne, créée après guerre, d’une capacité de 3 000 hectolitres. “A priori, depuis 40 ans, le jury n’avait jamais été accueilli dans une cave. C’est une jolie boucle”, apprécie Francis Ingrand. Pour le maître des lieux, l’organisation du concours à Capion correspond bien à l’idée de ce que nous souhaitons faire du château et du domaine : un lieu multiple qui se nourrit de la pluralité de tout ce qui s’y passe. Cet événement résume bien cela et lance la saison. Le 22 mai, un cinéma en plein air est prévu à Capion, en partenariat avec Alain Resnais sur le thème des arbres remarquables (conférence et projection de 16 h à 23 h). Le week-end du 23 et 24 mai sera portes ouvertes au domaine, puis viendront les ApérO’Château.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Harmonie et équilibres gourmands

Robe, couleur, parfums, saveurs : pour cet anniversaire, les qualités organoleptiques de 230 élixirs sont passées au crible de 90 jurés triés sur le volet. De quoi dénicher les futures pépites vigneronnes du Pays alors que 57 producteurs étaient en lice du concours officiel de la Vallée de l’Hérault. “À notre table, nous avons dégusté onze échantillons, de millésimes assez récents, de 2022 à 2024. J’ai trouvé que la tendance était à la fraîcheur, à l’harmonie et à des équilibres très satisfaisants en matière d’acidité, de matière en bouche, plutôt tournée vers la gourmandise. Et une belle persistance saline s’exprime sur les cuvées qu’il m’a été donné de déguster”, analyse Benoît D’Onofrio, “sommelier omniverres” qui figurait parmi les dizaines de dégustateurs.

Insolite : un “sobrelier” parmi les dégustateurs

Au milieu de dizaines de spécialistes et d’amateurs de vin, Benoît D’Onofrio faisait un peu figure d’OVNI sur ce 39e concours des vins de la Vallée de l’Hérault. Un invité de marque qui se présente comme “sobrelier”. “Si le néologisme semble facétieux, je l’ai inventé pour exprimer ce que doit être un sommelier de la mesure”, présente-t-il. Partisan, en matière de dégustation, d’un libre choix entre boissons alcoolisées et sans alcool, il prône une ligne de crête qui permet de ne “jamais tomber du côté trop alcoolisé de la force”, formule-t-il. Il produit donc des “sobrevages” qui “n’ont rien à envier à la filière alcoolière”. Des “boissons de terroir” imaginées dans le sillage du vin naturel mais à base de “tous types de végétaux : fruits, légumes, céréales, racines, fleurs, rhizome…” Tant qu’il existe, dans le produit, une base de sucre naturel qui permette une fermentation. Des sobrevages étonnants qui titrent à moins de 0,4 % d’alcool par litre.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Antidote à la crise

Inscrit au cœur d’un triangle d’or des vins languedociens, l’événement entend bien servir d’antidote à la morosité ambiante alors que la crise viticole continue de faire des ravages dans les exploitations. Cette année pourtant, “la participation est en forte hausse par rapport aux moyennes observées depuis 2020”, observe Philippe Salasc, vice-président de la CCVH délégué à l’économie. “Depuis 1986, le concours crée une émulation, cela permet de valoriser la qualité et la diversité des vins du territoire”, apprécie Grégory Bro, élu de la CCVH délégué à l’agriculture et à la viticulture. Et, depuis 2022, il met aussi en lumière la capacité des vins du cru à s’inscrire dans le temps long des vins de garde. “Ce concours des vins est à la fois une vitrine de l’excellence viticole et un levier d’attractivité pour la vallée de l’Hérault, son image et son rayonnement”, mesure Jean-François Soto, président de la CCVH.