Château Haut Bourcier : 25 ans de fidélité au Printemps des vins de Blaye
25 ans de fidélité au Printemps des vins de Blaye

Un quart de siècle d'attachement indéfectible

Le château Haut Bourcier, situé à Saint-Androny, célèbre cette année sa vingt-cinquième participation consécutive au Printemps des vins de Blaye, qui se tiendra les 11 et 12 avril. Pour la famille Bourcier, cet événement est devenu un rendez-vous absolument incontournable, un pilier de leur activité et de leur identité.

Une histoire familiale profondément enracinée

Cette fidélité remonte à 1999, lorsque Philippe Bourcier, accompagné de son épouse Anne-Marie, a repris les rênes de la propriété familiale après son père. « Mon arrière-grand-père était vigneron. Mais mon grand-père ne voulait absolument pas l'être », raconte Caroline Bourcier, qui dirige aujourd'hui le domaine avec sa belle-sœur Yannick. « Il a monté une entreprise de travaux publics qui existe toujours. Pendant quarante ans, il y a eu un contrat avec une coopérative pour le vin. Mon père, lui, est devenu vigneron en allant jusqu'au bout du processus ».

Caroline Bourcier gère principalement la partie commerciale, tandis que Yannick s'occupe de la technique. « Comme nous sommes une petite propriété familiale, on peut toucher à tout », précise-t-elle. Le château bénéficie également de l'expertise de l'œnologue Nicolas Piffre et peut compter sur Alexandre, le chef de culture.

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Un salon à domicile aux multiples facettes

Philippe Bourcier a rejoint le Printemps des vins (alors appelé Marché des vins) avec sa première cuvée. Depuis, l'idylle ne s'est jamais démentie. « C'est un événement incontournable. Pour nous, c'est le meilleur salon des vins car on est à domicile », souligne Caroline Bourcier. L'événement permet de faire découvrir les vins du domaine aux habitants locaux, mais attire également des visiteurs venus de loin, comme du Nord de la France.

« Les visiteurs qui viennent au Printemps des vins n'osent parfois pas venir sur les propriétés. C'est le moment de leur donner envie de venir chez nous », explique-t-elle. Au-delà de l'aspect commercial, ce rendez-vous est aussi l'occasion de retrouvailles entre vignerons. « Ça incite tout le monde à y participer, il y a une chouette ambiance. Et cette année, avec la soirée électro, ça donne une dimension festival », se réjouit la jeune femme.

Une bulle de respiration dans un contexte difficile

Dans le climat actuel de crise viticole, le Printemps des vins apparaît comme une véritable bouffée d'air. « Dans l'ambiance actuelle, je sais pourquoi je me lève chaque matin. C'est la passion familiale, c'est la volonté de préserver et transmettre un patrimoine et des valeurs », confie Caroline Bourcier. Cependant, le domaine n'a pas été épargné par les difficultés. « En 2024, nous avons arraché 20 hectares sur les 50 initiaux. J'espère que ça va s'arrêter, que ça ne va pas aller plus loin ».

Le vignoble est composé aux trois quarts de merlot, complété par du cabernet sauvignon, du malbec et du petit verdot pour les rouges. Il dispose également de sauvignon et sauvignon gris. « C'est un cépage résistant au mildiou. On en fait un blanc moelleux mais léger, ce qui nous permet de toucher une autre clientèle ». La production se répartit à 80% en rouges et 20% en blancs. « Nous faisons des vins qui nous ressemblent ».

Le défi du renouvellement face à la crise

Caroline Bourcier espère voir rapidement une amélioration de la situation, tout en reconnaissant certaines responsabilités du vignoble bordelais. « La crise touche aujourd'hui tout le monde, mais le bordeaux bashing a commencé avant et nous avons une part de responsabilité », estime-t-elle. Elle pointe du doigt un manque de renouvellement : « On a longtemps considéré qu'on faisait le meilleur vin du monde. Aujourd'hui, dans les salons, les stands de bordeaux n'attirent pas grand monde ».

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Pourtant, un mouvement de renouvellement émerge, notamment dans l'appellation Blaye, avec des cuvées en monocépage. « Quand on a fait notre cuvée 100% merlot, mon père n'a pas compris, il restait aux cuvées classiques », raconte-t-elle. Reste à faire passer le message aux consommateurs. « Il y a aussi la question du pouvoir d'achat. Toutefois, une chose est positive : les gens boivent moins, mais ils boivent mieux ».

Pendant deux jours, les 11 et 12 avril, le Printemps des vins de Blaye offrira une parenthèse enchantée, où les nuages menaçants sur le vignoble bordelais laisseront place à une atmosphère plus légère. Les vins de Blaye brilleront à nouveau, portés par des passionnés comme la famille Bourcier, déterminée à préserver son héritage tout en s'adaptant aux défis contemporains.