Josée Drevon : "J'aurais aimé croire en Dieu, sans vouloir tuer mon voisin"
Josée Drevon : croire en Dieu sans tuer son voisin

Josée Drevon de retour sur scène dans la suite des Camisards

La comédienne Josée Drevon, déjà présente dans La nuit des Camisards, retrouve cet été l'équipe de la pièce pour la suite, Élise, la colère de Dieu, jouée ce vendredi 25 et samedi 26 juillet à la mine témoin d'Alès. Dans un entretien, elle livre ses réflexions sur le fanatisme religieux et l'actualité brûlante de cette œuvre.

Une actualité effarante

Interrogée sur ses impressions à la découverte de la nouvelle pièce de Lionnel Astier, Josée Drevon confie : "Cette deuxième pièce m'a paru d'une actualité effarante." Alors que la première lui semblait lointaine, celle-ci résonne avec les tensions contemporaines. "Tout ce qui est raconté dans cette pièce, c'est très près de nous aujourd'hui. Comment, dans une religion, les fanatiques peuvent faire pression ? Comment on élève les enfants dans la haine ? Et je me dis mais non, ce n'est plus d'hier, c'est d'aujourd'hui."

Jouer pour alerter

Pour la comédienne, incarner ce rôle est une manière de mettre en garde : "C'est important de dire 'faites attention, faites attention à vos enfants. Faites attention à votre esprit. Faites attention à la spiritualité parce que c'est quelque chose qui dure et qui ne s'est jamais calmé finalement.'"

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Un théâtre en pleine nature

La pièce se joue en extérieur, dans la nature, ce qui impacte le travail des comédiens. "Il faut s'adapter avec sa voix, avec son corps. Il y a d'autres voix que les nôtres, d'autres cris, d'autres vies. Il n'y a rien à voir avec un théâtre. Les gens sont autour de nous, il y a les arbres, la nuit. C'est une adaptation extraordinaire."

Changement de rôle

Dans La nuit des Camisards, Josée Drevon jouait Élise Bonnal, la mère des protagonistes. Dans Élise, la colère de Dieu, ce rôle est repris par Mireille Roussel, tandis qu'elle incarne Lucie Rampon, la sœur amnésique d'Élise. Un changement qu'elle assume pleinement : "C'est un autre épisode ! L'important, c'est la permanence du rôle."

Un message d'amour face à la haine

Face au climat anxiogène actuel, Josée Drevon estime que la pièce peut rappeler "que la vie est précieuse et qu'il ne faut pas en faire n'importe quoi. L'amour maternel est précieux, l'amour filial est précieux. Il faut l'amour au lieu de la haine." Elle ajoute, avec une pointe de lucidité : "Personnellement, je suis plutôt athée. Et j'aurais aimé croire en Dieu, sans vouloir tuer mon voisin. Pourquoi croire en Dieu devient une guerre ? Une prison ? Dieu c'est plutôt quelque chose d'intime. D'où la tristesse de ce monde."

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