"Il était une fois... la révolution" : la confession sombre de Sergio Leone
En 1971, l'Italie est secouée par les années de plomb, une période de tensions politiques et de violence. C'est dans ce contexte que Sergio Leone réalise ce qui est considéré comme son film le plus sombre et le plus personnel : "Il était une fois... la révolution". Le long-métrage, à (re)voir sur Arte le lundi 1er juin à 20h55, plonge le spectateur au cœur de la révolution mexicaine de 1913, à travers le regard d'un révolutionnaire irlandais perdu.
Le rôle principal, celui de John Mallory, un expert en explosifs irlandais, a failli ne pas être interprété par James Coburn. L'acteur a hésité avant d'accepter, ayant déjà refusé deux propositions de Sergio Leone en raison d'un cachet insuffisant. Finalement, il a cédé, offrant une performance mémorable qui contribue à la puissance du film.
Un film miroir des années de plomb
Le film de Leone ne se contente pas de raconter une histoire de révolution ; il reflète les angoisses et les conflits de l'Italie des années 1970. La violence, la trahison et l'idéalisme brisé sont au cœur du récit, faisant écho aux tensions politiques de l'époque. Le personnage de Mallory, cynique et désabusé, incarne cette perte d'innocence.
Une esthétique léonienne
Comme toujours chez Leone, la mise en scène est magistrale. Les plans larges du désert mexicain, les gros plans sur les visages burinés et la bande-son envoûtante d'Ennio Morricone créent une atmosphère unique. Le film alterne entre moments de poésie et scènes d'une brutalité crue, caractéristique du style du réalisateur.
"Il était une fois... la révolution" est une œuvre complexe qui mérite d'être redécouverte. Elle offre un éclairage sur la vision du monde de Leone, loin des westerns plus légers qui ont fait sa renommée. Un rendez-vous à ne pas manquer sur Arte.



